Construire autre chose en vivant autrement

Joel Dyon - Creative Commons 3.0 by-nc-nd
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L’alternative au système actuel c’est de construire un autre système à la marge jour après jour.

Le système traditionnel perdure car trop peu de personnes tentent d’en bâtir un autre. Mais à quel moment suis-je sensé savoir que je contribue à un autre système ?

Quand je construis et j’organise quelque chose d’utile avec mes propres valeurs et un soucis de justice, je sors du système traditionnel. Quand ma construction ne s’appuie pas sur des structures injustes, elle peut croitre à la marge et être identifiée comme un nouveau circuit. Le système dominant n’est pas partout. Il existe des « boucles » où il est absolument absent. Quand ses valeurs ne sont pas reprisent par les architectes, il cesse de se reproduire.

L’échange est à la base de tout système humain. C’est quand il y a échange qu’il y a en même temps construction. Dès lors le sens du mode d’échange devient l’ADN du système. Une fois qu’on a saisie le sens, il est possible d’identifier le système.L’arnaque, la ruse, l’astuce et le calcul sont les valeurs constitutives du mode d’échange du système dominant. Tout est bon pour tirer avantage d’autrui. Autrui n’est pas vu comme un coopérant mais comme un concurrent. Il est potentiellement là pour te voler la gamelle. Les individus construisent entre eux des oppositions féroces pour survivre. La méfiance devient nécessaire à la survie et on en vient bien vite à adopter les codes et les schémas du système pour se protéger. (L’exemple le plus parlant serait celui du dictateur arrivé au pouvoir par un coup de force et tentant désespérément d’éviter le prochain en sombrant dans la paranoïa.)

Il y a quelque chose d’effrayant à construire un autre système. Déjà, c’est pas simple car la plus part des ressources circulent à l’intérieur du système dominant. Pour alimenter son propre système, il faut soit détourner les ressources, soit les produire soit même.

Détourner les ressources

Internet peut être un excellent outil pour alimenter un système alternatif. Échanger une production intellectuelle devient très facile. Sur internet, l’abondance est réelle malgré les vaines tentatives du système dominant à altérer les règles pour raréfier les échanges à la marge d’utilisateurs à utilisateurs (Cf, les DRM, l’HADOPI et la tentative de flicage des internautes…). Cela explique pourquoi les industries ont autant de mal à prospérer avec internet. Leur mode d’échange est inadapté à la nature du numérique car il repose sur la rareté et l’exclusivité.

Le piratage est un parfait exemple de détournement des ressources du système traditionnel. Il s’agit de biens culturels que les internautes s’échangent entre eux, un peu comme les cassettes à l’époque mais de manière plus dense. Ces fichiers sont parfois distribués d’utilisateurs à utilisateurs avec des logiciels comme bittorent ou bien par des sites intermédiaires infestés par la publicité et hébergé à l’étranger dans des pays à la juridiction favorable.

Produire soit même ses ressources et les distribuer selon ses propres règles

La production immatérielle joue un rôle majeur dans l’économie et répond à des besoins vitaux. Par exemple, le savoir, les logiciels… Même dans la production de biens matériels le numérique va occuper une place de plus en plus importante. Notamment avec la sortie des imprimantes 3D, espèces de micro-usines capable de créer des objets à partir de différents matériaux (résines, bois…).

La production de la terre peut venir assez aisément alimenter un système alternatif. Même s’il ne suffit pas d’un copier coller pour reproduire un épis de maïs, un seul maïs peut potentiellement donner naissance à 365 autres épis. La nature est prolifique et il suffit d’un petit carré de terre pour commencer à cultiver.

Distribuer avec des règles différentes c’est, pour la production immatérielle, ne pas accepter les règles du copyright traditionnel. Les produits numériques peuvent être multipliés à l’infini à un coût quasi nul. De plus, les modifier et les redistribuer est à porter de clic. Plutôt que de reprendre les bêtes règles du copyright qui donne au premier auteur des droits portant atteinte aux libertés fondamentales des utilisateurs, il semble plus pertinent d’observer en exemple les licences libres. Les licences libres permettent la lecture, la modification et la distribution d’une œuvre à n’importe quel utilisateur sans barrière monétaire. La seule condition est de citer l’auteur de base.

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