Pascal Lamy remet en cause l’hégémonie des économistes

Je viens de tomber sur un article tout à fait grisant publié par Libé et relayé par @Slovar puis @SylvainLapoix. Pascal Lamy a fait quelques déclarations pour le moins surprenantes quand l’on connaît son pédigrée. Après plus de cinq ans à la tête de l’OMC, cet ancien socialiste nous explique qu’il vaudrait mieux écouter les sociologues et les anthropologues plutôt que les économistes ou les juristes.

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Comme un air de dernière journée de fac

Aujourd’hui, je suis à la fac pour récupérer mes résultats et terminer les dossiers qu’il me faut envoyer si je veux avoir l’opportunité d’en partir. L’ambiance est bizarre, je me sens déjà étranger, même si certains petits rituels ne changent pas.

Levé à 12H, j’allume mon pc, je lis mes mails et réponds à certains. 12h20, je fonce sous la douche. 12h30, je descends à la gare (en fait j’ai toujours 5 minutes de retard, donc plutôt 12h35). À 12h40, je suis dans le transcilien, je regarde les lignes de temps des réseaux sociaux où je suis présent sur mon téléphone android. Je lis l’actualité recommandé par mon réseau, j’ouvre mon agrégateur de news, je plonge un peu la tête dans le flux. 13h00, je sors du transcilien les yeux encore rivéS sur mon téléphone, j’envoie un dernier statut. 13h10, je retire un peu d’argent, je vais m’acheter un sandwich tapenade à la cafeteria d’une grande surface. J’adore ces sandwichs… 13h20, je suis à la fac, je termine mon sandwich. Fin de la routine. Poursuivre la lecture

Histoires d’un élève de l’entre-deux #1

Je vous propose la lecture épisodique d’une série de billets ayant pour thème la scolarité. Aujourd’hui plus que jamais, la scolarité représente une partie non négligeable d’une vie. Elle est l’institution qui nous façonne avant l’entrée dans la vie active.

L’école de la république est un sujet récurrent. A la fois un facteur de démocratisation de la société d’après guerre, elle est aussi pour beaucoup d’individus la chose qui va orienter leur chemin de vie. Elle souffre aujourd’hui d’insuffisances, l’institution est en panne et ne parvient plus a réduire les inégalités sociales.

Plus particulièrement, je voudrais parler d’un type d’élève que je connais bien. C’est moi, c’est peut-être vous: il s’appelle l’élève de l’entre-deux.

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« La politique des caisses vides » ou la mise en place des politiques néo-libérale

Étant donné que la sociologie revient à la mode en ces temps de crise, je vous propose la lecture d’une analyse de Sébastien Guex intitulé « la politique des caisses vides ». Il s’agit de sociologie financière. Comment la politique économique néo-libérale des 30 dernière années s’est mise en place et domine (a dominé ?) le monde, c’est ce que Sébastien Guex nous montre.

Au choix, ci-dessous, le compte rendu que j’ai fais l’année dernière sur ce texte. Bon, en toute franchise, je n’ai eu que 11/20. Le mieux serait quand même de lire l’original.

Au lieu de votre journal, imprimez cet article pour le lire dans les transports par exemple. C’est assez digeste et tout d’un coup ça fera lumière dans vos têtes 🙂 A part si vous êtes déjà des bêtes sur le sujet, bien sur !

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« Le capitalisme touche à sa fin »

C’est ce qu’affirme Immanuel Wallerstein, chercheur au département de sociologie de l’université de Yale, ex-président de l’Association internationale de sociologie dans une interview sur le monde.fr.

La situation devient chaotique, incontrôlable pour les forces qui la dominaient jusqu’alors, et l’on voit émerger une lutte, non plus entre les tenants et les adversaires du système, mais entre tous les acteurs pour déterminer ce qui va le remplacer. Je réserve l’usage du mot « crise » à ce type de période. Eh bien, nous sommes en crise. Le capitalisme touche à sa fin.

Le capitalisme est omnivore, il capte le profit là où il est le plus important à un moment donné ; il ne se contente pas de petits profits marginaux ; au contraire, il les maximise en constituant des monopoles – il a encore essayé de le faire dernièrement dans les biotechnologies et les technologies de l’information. Mais je pense que les possibilités d’accumulation réelle du système ont atteint leurs limites. Le capitalisme, depuis sa naissance dans la seconde moitié du XVIe siècle, se nourrit du différentiel de richesse entre un centre, où convergent les profits, et des périphéries (pas forcément géographiques) de plus en plus appauvries.

La courte période néolibérale qui est en train de s’achever n’a inversé que provisoirement la tendance : à la fin des années 1990, ces coûts étaient certes moins élevés qu’en 1970, mais ils étaient bien plus importants qu’en 1945. En fait, la dernière période d’accumulation réelle – les « trente glorieuses » – n’a été possible que parce que les Etats keynésiens ont mis leurs forces au service du capital. Mais, là encore, la limite a été atteinte !

Cela dit, la crise la plus récente similaire à celle d’aujourd’hui est l’effondrement du système féodal en Europe, entre les milieux du XVe et du XVIe siècle, et son remplacement par le système capitaliste.

Je partage son avis sur la question. Tous les systèmes tombent un jour et le capitalisme ne fera pas exception. En tant que mouvement politique, il est nécessaire de trouver des alternatives à proposer aux français et à l’Europe. Le mouvement démocrate a la chance paradoxale d’être un parti sans dogme et sans idéologie forte. Il doit s’ouvrir aux aspirations de la sociétés et participer à la création d’un nouveau système qui correspond à ces valeurs.

Entre autre, je remarque que l’avis des sociologues est de plus en plus demandés, au détriment des économistes. La discipline qui faisait le monde sur simple parole serait-elle en voix d’être destituée ?

En ces périodes de crise, je vous recommande la lecture de Fernand Braudel historien et sociologue, et plus particulièrement son ouvrage intitulé La dynamique du capitalisme.