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Pourquoi j’ai soutenu, en tant que Français, le mouvement contre l’augmentation des tarifs de Sao Paulo à Paris

Il y a des occasions de solidarité des luttes qui ne se ratent sous aucun prétexte. Le voyage de Gilberto Kassab, maire de São Paulo, à Paris était l’une de celle-ci. Lorsque des amies de São Paulo m’ont appris la désastreuse augmentation des tarifs des transports en commun à laquelle les Paulistanos doivent faire face, il m’a semblé évident qu’il fallait faire quelque chose à Paris. Gilberto Kassab ne pouvait pas fouler impunément les terres parisiennes sans un retour de flamme symbolique de l’histoire de France. De la commune de Paris de 1871 laboratoire de démocratie directe à ciel ouvert, en passant par la révolution française de 1789 qui mis fin à la société des privilèges et en finissant par mai 68 qui a ouvert la voie à l’écologie politique, l’héritage culturel était trop lourd pour rester impassible.

Le coût du transport pour un Paulistano au salaire minimum occupe environ 25% de son budget mensuel. Ce véritable vole à l’étalage s’est encore accentué dernièrement lorsque le prix du billet est passé de 2,70 reals à 3 reals. São Paulo est une ville immense conçu uniquement pour la voiture où le piéton et le vélo n’a quasiment aucun droit de circuler. Le transport en bus est donc très important et amène tous les jours des dizaines de milliers de Paulistanos sur leur lieu de travail. Cette augmentation est le signe d’une discrimination économique qui s’accentue toujours un peu plus. Il prive une partie de la population de la liberté de circuler  dans leur propre ville. Comment peut faire un chômeur pour trouver un emplois s’il ne peut se rendre à ses rendez-vous professionnels ? Quel accès aux loisirs et à la culture si les Paulistanos ne peuvent pas découvrir les richesses de leur ville ?

L’argument des politiques et décideurs économiques consistent à expliquer que le coût de fonctionnement augmente, les groupes d’usagers ont de sérieux doutes sur la bonne gestion des entreprises. Étonnamment, ces dernières années, les salaires des travailleurs sur le réseau de transport n’ont pas bougé d’un cheveux et la publicité envahit les galeries de métros ainsi que les lignes de bus. De pus, le matériel n’est pas spécialement renouvelé. Mais alors, où va tout cet argent ? Si à l’heure actuelle il ne semble y avoir aucune preuve flagrante, les soupçons de corruptions sont importants.

Le volontarisme politique qui a permis la quasi-éradication de la publicité dans l’espace public Paulistano semble abonné aux grands absents quand il faut défendre un droit fondamental en faveur de la population moyenne et pauvre.

La liberté de circuler dans les grandes métropoles du monde doit être reconnue comme un droit fondamental. Peu importe que l’on soit Paulistano, Parisien, Londonien ou Athénien, les métropoles consacrent le règne de l’automobile sur le piéton, par la distance importante entre lieu de vie et lieu de travail et les multiples routes qui font place large à la voiture, générateur de bruits, de pollution et de laideur.

La démocratisation des transports en commun semble être le seul modèle capable de garantir à la fois la liberté de circuler et à la fois la dépollution des villes. Pour amoindrir les couts, garantir une gestion transparente et un financement volontaire et collectif, la co-participation des citoyens, des entreprises, de la municipalité et de l’état doit devenir une réalité.

Malheureusement, nous en sommes loin, que ce soit à São Paulo ou à Paris et dans bien d’autres métropole. C’est pourquoi j’ai participé à cette manifestation Parisienne, c’est pourquoi il faut construire un réseau de luttes locales pour penser globalement notre action et défendre de la liberté de circuler dans les métropoles du monde.

Je veux encore une fois exprimer mon soutien au « Movimento Passe Livre » qui se bat depuis 9 semaines contre cette augmentation discriminatoire. Je remercie également mes ami.e.s de São Paulo pour cette démonstration de vigueur politique ici à Paris le lundi 7 mars dernier et au Brésil, chaque semaine. Mariana, Bianca, André, Rachel, Cajou, Fabio, Raphael et tous les autres, félicitation. Il faut continuer sans se décourager même si c’est de plus en plus difficile !

Revue de presse rapportant la manifestation parisienne (à compléter) :

https://www.facebook.com/notes/passe-livre-s%C3%A3o-paulo/kassab-na-catraca-coluna-da-pag2-folha-de-sp-desse-s%C3%A1bado-12-de-mar%C3%A7o-de-ferna/195701660461310

http://cbn.globoradio.globo.com/sao-paulo/2011/03/11/MANIFESTACAO-CONTRA-O-AUMENTO-DA-TARIFA-DE-ONIBUS-PARA-AV-FARIA-LIMA-NESTA-QUINTA-FEIR.htm

http://www1.folha.uol.com.br/cotidiano/885751-kassab-faz-palestra-para-empresarios-em-paris.shtml

http://juralibertaire.over-blog.com/article-manifestation-festive-de-soutien-au-mouvement-contre-l-augmentation-du-cout-des-transports-en-commun-a-s-o-paulo-lundi-7-mars-a-paris-68605727.html

Nous sommes un petit collectif MPL ici à Paris à nous tenir à disposition des médias et auto-médias francophones. Pour nous contacter : antonin@moulart.org

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