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Parents, pour la rentrée, brulez les cahiers de vos gamins !

Les cartables trop lourds, on en parle, on en parle, mais on fait chaque année les mêmes bêtises ! 7,5kg: C’est le poids moyen du cartable d’un élève de 6e… Mais qui sont ces affreux qui bousillent le dos des gamins ? Les Profs ? Les éditeurs de manuels ? L’éducation national ? (OUI !!! mais non… Pas cette fois 🙂 ) Non, le vrai coupable c’est le papier !

Une matière, un cahier. C’est bien souvent la règle pour les nouveaux 6e. Les professeurs leur apprennent à s’organiser et à bien séparer les matières les unes des autres. C’est très bien un peu de rigueur. Le soucis est qu’avec 5 ou 6 matières différentes par journée on approche vite des 7 kg. Si nos chers bambins ont besoin de rigueur, ils auront aussi besoin de leur dos dans leur vie future.

Les solutions à la mords-moi-le-noeud

Les solutions ne manquent pas pour rectifier le tir mais aucune n’est pleinement satisfaisante. Certains préconisent l’utilisation d’un grand classeur. Cela permet de ne pas embarquer tous les jours la totalité du papier que vous allez consommer pendant l’année. Mais bon, à la fin de l’année, même si le petit 6e a pris quelques centimètres sur la toise du petit ours brun posée contre la porte de sa chambre, il n’a pas encore la carrure d’un Rambo portant des sacs de pierres. Sans parler des feuilles volantes qui se froissent dans le cartable… Ça fait vraiment désordre !

Une autre proposition serait l’installation de casier dans les couloirs. Outre le prix assez important de l’investissement, les inter-cours sont souvent court ce qui laisse peu de temps pour le nouveau collégien de souffler avant de retourner en classe. De plus, il est important que l’enfant conserve la totalité de ses livres à la maison s’il souhaite se pencher sur ses devoirs. Quelle poisse… On peut pas dédoubler si facilement que ça un cahier ou un manuel scolaire…

Fais ctrl+Z au lieu d’utiliser ton typex

Ils font chier les vieux à répéter sans cesse comme des nostalgiques d’une époque révolue « Il n’y a rien de mieux que du papier ». Ce romantisme fleurant bon la fausse érudition n’est rien d’autre qu’un blocage issu de plusieurs millénaires d’histoire. C’est comme une bonne vieille habitude dont on arrive pas à se dépêtrer, sans pouvoir vraiment justifier son utilité… La véritable érudition encourage à la circulation du savoir. Le papier en freine la diffusion. C’est un support encombrant et couteux à reproduire. Chronophage si vous le faites à la mains et couteux économiquement si vous reproduisez des grands volumes.

Eureka ! Pour éliminer le poids du papier, il suffirait de tout numériser. Les petits 6e auraient des bits et des octets plein le sac sans que ça pèse des masses.

Vers des cartables électroniques !

« Mais t’es fou, c’est chère un ordinateur ! » Et une rentrée scolaire, vous savez combien ça coute cette année ? 178 € selon famille de France ! Aujourd’hui, vous pouvez vous procurer un netbook tout à fait potable pour 200€ environ. Sa durée de vie est de deux ou trois ans. Je suis convaincu qu’en négociant un petit partenariat entre un grand fabriquant et l’éducation nationale, on pourrait même arriver à des ordinateurs standardiser avec un prix de 50% inférieur. Ce serait assez vite rentabiliser pour les familles. Son poids, parlons en de son poids: entre un et deux kilos. Le cartable électronique péserait 75% de moins qu’actuellement.

« T’es bien gentil, mais les gamins ils écriront plus à la mains ! Plus personne ne saura écrire dans quelques années si on t’écoute ». Meuh non. On peut très bien imaginer un écran tactile avec un stylet pour écrire à la mains sur l’ordinateur. C’est un faux problème.

« Ouais, mais les gamins vont faire que jouer avec leur ordi pendant la classe ! »Eh oh, et les morpions sur les tables, ça existe depuis quand ? Ce n’est pas nouveau de jouer en classe quand on a rien à cirer de ce que le prof raconte.

« Et les manuels dans tout ça ? »

J’écrirais bien un second article complet à ce sujet, tiens. Je suis totalement révolté par le gaspillage du renouvellement permanent et insensé des manuels scolaire. Pour quelques chapitres de plus, trop souvent les professeurs recommandent d’acheter un nouveau manuel. Si on fonctionnait avec un cartable électronique, une simple mise à jour suffirait et les éditeurs n’auraient plus aucune excuse pour sur-facturer. C’est pire que les politiques de planification à l’époque des soviétiques !

Un net…quoi ?

Un netbook ! La véritable difficulté de la mise en place d’une telle proposition serait la formation des professeurs. Les enfants apprennent vite mais les professeurs c’est une autre histoire ! Quand je vois des jeunes de mon age complètement paralysé à l’idée d’utiliser un ordinateur, je ne suis pas très optimiste pour les professeurs un peu plus âgé n’ayant jamais eu besoin d’utiliser un ordinateur professionnellement.

Par ailleurs, il faut penser un enseignement incluant l’ordinateur comme un outil améliorant la vie de classe sur tous les plans. Que ce soit dans la gestion des relations et des interactions, dans l’aspect ludique de l’enseignement et le contrôle des professeurs sur l’activité des élèves. Il serait réducteur de le cantonner à une simple solution pour éviter la surcharge des cartables.

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14 Commentaires

  1. Autant la plupart du temps, je suis d’accord avec toi, autant pour cet article, je suis complètement en désaccord. Je ne pense absolument pas que l’informatique doive remplacer nos bouquins un jour. Tu as des arguments intéressants pour certains points (le renouvellement abusif des manuels, les casiers) mais je suis convaincu que le support papier est le meilleur pour apprendre. C’est un support physique, touchable, on peut l’emmener partout, sans avoir besoin d’énergie.

    D’ailleurs en parlant d’énergie, toi qui a l’air sensible à l’écologie, utiliser des supports numériques au lieu de papier est beaucoup plus énergivore (le papier est recyclable et renouvelable, alors qu’il faut énormément d’énergie pour produire des ordinateurs et les faire tourner, sans compter le recyclage…).

    Je suis pour en faire un support secondaire, lorsque le besoin est présent (supports multimédias), mais pas pour remplacer le papier.

    Enfin, j’aurai bien aimé que tu développes le côté « relations et des interactions » que tu considères comme améliorés en utilisant un ordinateur. Je ne vois pas la plus value de cette solution par rapport au papier.

  2. @Frinux,

    Ah ! Tu poses de véritable question que je n’ai que partiellement résolue.

    Pour ce qui est de remplacer les bouquins, je ne pense pas qu’on en soit là encore. Je crois qu’effectivement le papier a encore de beaux jours devant lui mais les e-reader et tablettes sont de plus en plus ergonomique. Par exemple, a titre personnel, je n’ai eu aucun mal à lire un livre entier avec mon smartphone HTC dream (c’était un livre de framabook :p). Certes la luminosité fatigue d’avantage les yeux, mais il y a quand même un confort de lecture suffisant à mon humble avis.

    Au niveau de l’écologie. Je ne crois pas que l’on doive ralentir l’adoption des outils informatiques sous prétexte d’économie d’énergie mais plutôt accélérer la recherche pour optimiser la consommation. La question du changement des batteries et du cycle de renouvellement des machines est centrale. Il faut des machines a plus faible capacité et plus durable. Enfin, je crois beaucoup au développement des énergies renouvelable. Je crois en une évolution soutenable de l’humanité et ne suis pas partisan des théories décroissantes.

    Coté interaction, on peut penser à la participation en classe. Je ne sais pas si tu as déjà un article à propos d’un logiciel permettant à chacun de poser ces questions en temps réel via ordinateur. Les questions de la salle s’affichent au fur et à mesure sur le projecteur. La salle peut voter pour chacune d’elle afin d’en hiérarchiser l’importance. L’intervenant peut ainsi y répondre sans être dérangé par une prise de parole et les timides peuvent aussi exprimer leur besoin. Ceci n’est qu’un exemple. Je suis sur que de nouvelles possibilités vont nous apparaitre.

  3. Cela fait des décennies qu’on entend parler de cela et pourtant nombreux sont ceux qui ne se sont jamais plaint du « poids » de leur sac.
    1) Il n’y a pas tant de matière dans la journée
    2) Toutes les matières ne demandent pas des livres volumineux (entre les pavés de maths et les livres fins d’anglais, il y a une grande différence)
    3) Sur une table, les élèves ont souvent un voisin de table avec leurs méthodes : « le lundi, tu prend le livre de maths et moi je prend celui de physique … »
    4) On nous fait la publicité depuis des années pour les « sacs à roulette » (invention qui était ridicule auprès des élèves à sa lancée et qui a l’air de marcher aujourd’hui), un sac de ce genre a plusieurs défauts (outre son prix et son ridicule) : il n’est pas forcément à la bonne hauteur (et donc un élève plus grand que la moyenne devra se courber pour le faire rouler) et est plus lourd que la moyenne à cause des roulettes (entre les flaques d’eau, les escaliers, … il ne roule pas toujours et est régulièrement porté).

    Concernant la numérisation des documents, je suis un pur geek (au sens premier du terme, pas au sens « je geeke lol ptdr je suis sur facebook et msn lol mdr »), je prend des notes sur PC, … mais un ordinateur a un coût, surtout à un ordinateur portable (vite obsolète, fragile et qui doit être racheté en totalité même si seul un élément ne fonctionne plus). Les vols d’ordinateur auront évidemment lieu et je ne pense pas que les parents d’élèves soient ravis de devoir racheter un ordinateur portable pour ce motif, tandis que les jeunes délinquants seront ravis d’un tel business. Enfin, il y a déjà trop d’adolescents qui polluent le net (les fameux kevins d’Internet), inutile de leur donner plus de place. Enfin, pour réviser ou faire un devoir rapidement dans le bus, les couloirs, … il est plus simple d’ouvrir un classeur ou un cahier plutôt que de sortir l’ordinateur pour lire et écrire dessus.
    Je te laisse aussi faire un tour sur le site pebkac pour te rendre compte que les enseignants sont trop loin de maitriser l’informatique pour que cela soit possible.

  4. @Frinux

    Par ailleurs, entre les multiples crayons, la grosse calculette et le typex, je ne sais pas si un ordinateur consommerait beaucoup plus d’énergie.

  5. @Antonin :
    Par ailleurs, entre les multiples crayons, la grosse calculette et le typex, je ne sais pas si un ordinateur consommerait beaucoup plus d’énergie.
    -> cet argument ne tient que si tu remplaces entièrement tout (et donc même la trousse) par un ordinateur, ce que je trouve vraiment trop extrême.

    Et concernant le côté interaction, je préfère pousser les élèves à apprendre à s’exprimer plutôt qu’ils s’expriment à travers un écran (ce qui au final serait contre productif au niveau de la communication je pense)

  6. @frinux,

    C’est complémentaire. Je pense que les classes devraient pousser d’avantage les élèves à participer et carrément venir devant la classe pour faire des exposés.

  7. Hello Antonin,

    J’avais fait un com humoristique sur FB mais je préfère quand même compléter mon point de vue ici de façon plus détaillée et après réflexion.

    Je suis prof de lettres au collège et il ne me semble pas quant à moi souhaitable d’introduire l’usage de l’ordi en remplacement du cahier. Autant pour le manuel scolaire, je suis assez d’accord avec l’idée du stockage info de documents, autant pour l’utilisation du cahier comme outil de travail, je tiens à marquer la frontière.
    En effet, il me semble important de ménager une progression dans le maniement de l’outil informatique. On pourrait estimer qu’au collège, on apprend à se documenter par voie numérique et à utiliser l’information selon une certaine éthique. Par contre, par rapport à la structuration mentale et la construction du savoir de l’élève, il me paraît important de continuer à travailler sur le support papier. En effet, il me semble, mais tu me contrediras peut-être, que le document informatique et le document papier ne favorisent pas les mêmes types de structuration mentale: la feuille suppose une temporalité, un déroulement tant dans l’espace que dans le temps (synchronie: frise), le document informatique fait place à la simultanéité, à la compression, à la synthèse (diachronie: coupe). D’ailleurs, on ne travaille pas du tout de la même façon sur les deux supports; l’un garde la trace de la correction, de la recherche; l’autre peut ne présenter beaucoup plus facilement que le produit fini. Or, la difficulté au collège est de forcer l’élève à retravailler, à corriger, à reprendre, à s’astreindre sur l’espace de la feuille et dans la durée d’une progression…

    Et, aujourd’hui, et même si on peut arguer d’une évolution cognitive et mentale de la race humaine 😉 les jeunes élèves, ont, ce me semble, besoin de se contraindre au labeur qui se déploie dans une durée, dans un espace; ils ont besoin du cadre et de la situation de la feuille comme un repère. Ils ont besoin de ce contact physique de la page qui donne une incarnation à la culture.

    J’ai des choses à écrire sur ce thème et je ne manquerai pas d’ici quelques temps de proposer mes réflexions. Je pense que la crise de l’école provient en grande partie de la « virtualisation » qu’on fait subir à l’élève, en le contraignant, non pas à entrer dans un cadre (la normalisation est inhérente à l’éducation) mais en le retranchant de son histoire perso, de sa culture propre, de son environnement pour le placer dans une fabrique qui le modélise pour qu’il se conforme aux besoins du marché. La progression de l’utilisation de l’informatique contribue à cela, et l’école doit, selon moi, redevenir un lieu où on tient dans l’exigence de rendre l’élève à son environnement. Au premier chef, à celui de son corps! C’est une question de racines, d’enracinement…

    Au lycée, c’est différent, et je te suivrai davantage pour proposer un accès plus large à l’informatique utilitaire et pédagogique dans ce cycle. Cela dit, l’équipement et la maintenance ne seraient pas sans poser un certain nombre de problèmes techniques que les établissements scolaires ne sont pas aujourd’hui en mesure de résoudre, et pas seulement par manque de formation du personnel enseignant. Ta proposition aura un coût assez énorme et la sécurisation des réseaux au sein d’un établissement sera peut-être assez difficile à assurer…

    Ensuite pous ce qui est des avantages pédagogiques de l’utilisation de l’informatique en classe, je ne suis que partiellement convaincue par ton argument sur la participation qui pourrait largement justifier l’augmentation de nos effectifs d’élèves par classe. Rien ne peut remplacer le face à face du pédagogue et de l’apprenti, et moins ils sont nombreux, mieux on travaille.

    L’avantage de l’informatique (et on est quand même pas mal à l’utiliser régulièrement), c’est de nous permettre de créer des exercices interactifs et plus motivants pour les élèves, on peut aussi gagner du temps dans l’explication et faire du bien aux visuels. A ce titre, le défilé de questions à hiérarchiser me paraît un bon exercice… Mais pour que les élèves puissent poser des questions, il faut qu’ils aient été rendus sensibles à la notion; et pour cela, les choix didactiques et pédagogiques du prof, l’énergie qu’il met à transmettre, donc sa voix et son corps ne pourront jamais être remplacés par un ordinateur…

    Je suis à ce titre catastrophée par l’invention du webclasseur (outil informatique de stockage des données personnelles de chaque élève concernant son orientation). C’est a priori un outil intéressant, mais il justifie la disparition progressive des postes de conseiller d’éducation psychologues dans les établissements, remplacés par des plates-formes informatiques ONISEP. La réponse de Châtel, l’an dernier au lancement, c’était justement de dire que pour les timides… qui n’osaient pas parler… Ben au lieu de les mettre en confiance pour qu’ils puissent poser les questions essentielles pour la construction de leur avenir, ce qui prend du temps; la relation prend du temps; ben, c’était bien de pouvoir passer par une plate-forme informatique déshinibante…

    Excuse, j’aime bien lire ton blog! Mais j’ai quand même adoré davantage t’entendre m’expliquer MOVIM de vive-voix quand on s’est rencontrés… 😉

    Point d’accord absolu avec toi: la surenchère éditoriale des manuels scolaires dont mon garage commence à être encombré au-delà du raisonnable… Mais ça, c’est pas la faute de l’éducation, c’est celle du marché!

  8. Coucou,
    Heureux de te lire 🙂

    « D’ailleurs, on ne travaille pas du tout de la même façon sur les deux supports; l’un garde la trace de la correction, de la recherche; l’autre peut ne présenter beaucoup plus facilement que le produit fini.  »
    Cela dépend des logiciels que tu utilises. Par exemple, sur open office il y a un format de fichier très bien qui permet de garder en mémoire toutes les versions d’un document.

    « la feuille suppose une temporalité, un déroulement tant dans l’espace que dans le temps (synchronie: frise), le document informatique fait place à la simultanéité, à la compression, à la synthèse »
    Cela semble une description assez juste globalement.

    « ils ont besoin du cadre et de la situation de la feuille comme un repère. Ils ont besoin de ce contact physique de la page qui donne une incarnation à la culture. » Non, je ne le crois pas. S’il y a bien un outil aujourd’hui qui devrait incarner la culture, c’est internet. Jamais l’homme n’a inventé de moyen aussi élaboré pour faire circuler l’information et la stocker pour la consulté n’importe où.

    « mais en le retranchant de son histoire perso, de sa culture propre, de son environnement pour le placer dans une fabrique qui le modélise pour qu’il se conforme aux besoins du marché. »
    Je ne crois pas que le cadre doit écraser les différences. Et je ne comprends pas ce que viens faire le marché là dedans 🙂

    « l’énergie qu’il met à transmettre, donc sa voix et son corps ne pourront jamais être remplacés par un ordinateur… »
    Alors là, on est complétement d’accord. La technologie ne vient pas substituer l’humain, elle doit l’aider à développer ses facultés.

    « C’est a priori un outil intéressant, mais il justifie la disparition progressive des postes de conseiller d’éducation psychologues dans les établissements, remplacés par des plates-formes informatiques ONISEP. »
    Tu trouves que ça le justifie ? Moi je pense qu’effectivement le ministre s’en sert mais il a tord. Par contre, ce qui me dérangerait moins, c’est qu’on invite les conseillers d’orientation à prendre la porte ou alors il faut les former ^^

    « Mais ça, c’est pas la faute de l’éducation, c’est celle du marché! »
    C’est surtout la faute du politique qui ne prend pas d’initiative pour éviter ce gaspillage. Il y a un projet de la fondation wikimedia qui vise à construire des cours librement accessible. Ça s’appelle wikiversity, la communauté pédagogique libre. Je crois que le ministère de l’éducation national devrait encourager cette initiative.
    http://www.wikiversity.org

    Au plaisir de te revoir en chaire et en os Marie-Pierre 😉

  9. Merci de ta réponse…
    Antonin, la culture se stocke et se consulte, d’accord, mais d’abord elle nous constitue! L’informatique la quantifie, c’est vrai, mais le grand danger, c’est de confondre l’outil et le contenu. Les élèves ont à apprendre qu’internet n’est qu’un support et qu’il ne peut pas incarner, donner chair, puisque c’est l’élève qui, en s’appropriant la référence, donne chair à la culture (ce qui prend du temps). Je comprends bien le passage du stock au flux, mais en matière de culture, il faut qu’il y ait un minimum de rétention pour assimilation: le papier et le geste retiennent mieux selon moi… Mais c’est peut-être une question de culture 😉

    Sur le marché, il faut écouter Decoin parler de la réforme du lycée: c’est très éclairant. Tu sais qu’on essaye maintenant de nous transformer en managers-formateurs, avec des objectifs précis à atteindre : les élèves doivent parvenir à des niveaux de compétences garantissant leur employabilité… Tu la sens mieux là, la machine qui écrase les différences? Quand est-ce qu’on donne du tempsà la formation intellectuelle pure, à la pensée, à l’éducation du goût, à l’inutile? C’est un problème très profond. je ne voudrais pas donner l’impression de faire des racourcis mais quand tu entends Fillon parler des Roms, c’est la même logique: ils n’ont plus leur place dans l’Europe d’aujourd’hui, a-t-il dit ce matin! Ils doivent se civiliser pour correspondre au modèle dominant! Ils ne servent à rien, un peu comme ceux qui lisent la Princesse de Clèves…

    Très bon sur les Co-Psy, on est d’accord 😉

    Hélas, il y a bien des domaines où le politique laisse faire le gaspillage: les lobby sont forts, également ceux de l’édition…

    Pas les cours accessibles! Seulement les exercices, c’est mieux, pour l’humain, Antonin 😉

    A bientôt!

  10. « Je comprends bien le passage du stock au flux, mais en matière de culture, il faut qu’il y ait un minimum de rétention pour assimilation: le papier et le geste retiennent mieux selon moi… Mais c’est peut-être une question de culture 😉 »
    Le livre comme l’internet est un outil. Lorsque tu parles de donner chair, c’est une histoire de symbole ou bien est-ce la relation avec un objet matériel ?

    « les élèves doivent parvenir à des niveaux de compétences garantissant leur employabilité… »
    Oui, je ne le sais que trop bien pour avoir étudier la sociologie de l’éducation. J’avais écris un billet à ce propos : http://antonin.moulart.org/societe-de-la-connaissance-generations-sacrifiees/
    Je suis d’accord, je n’avais pas compris ton propos dans ce sens.

    « Pas les cours accessibles! Seulement les exercices, c’est mieux, pour l’humain, Antonin 😉  »
    Et comment tu veux empêcher de rendre des cours accessible Marie-Pierre ? En filtrant le net ? 😉

    Ciao !

  11. Je ne pense pas qu’on puisse se passer totalement de l’imprimé en milieu scolaire. Loin de là… au delà de la forme du « livre », l’imprimé a des avantages ergonomiques incontestable dans les situations d’apprentissage, de lecture, de rédaction, etc.

    Dans les salles d’étude des bibliothèques par exemple, on peut voir des étudiants qui rédigent (sur papier ou sur écran) avec une multitude de livres ouverts autour d’eux. Quelle taille d’écran faudrait-il pour pouvoir ouvrir autant de pages en même temps ? Et ergonomiquement, ranger un livre, l’ouvrir, le poser ici ou là… ce sont des gestes anodins mais qui participent très activement à l’appropriation des contenus et donc à l’apprentissage. Sans même parler de l’ergonomie de la lecture : en saisissant un livre, on évalue très rapidement son contenu tant du point de vue qualitatif que quantitatif. On peut corner les pages pour poser des repères, sans se préoccuper de savoir si la prochaine version du papier sera compatible 😉 On peut même écrire dans la marge ou souligner des passages (pas avec les livres de bibliothèque, hein !) avec une facilité que le numérique n’atteindra jamais.

    Bien sûr, le numérique offre bien d’autres avantages (recherche, archivage, etc) mais il n’effacera jamais les avantages de l’imprimé ! C’est pour cette raison que la transformation numérique des livres scolaires a tant de mal à se faire, depuis le temps qu’on en parle !

    Et puis, il y a le problème des éditeurs lié au droit d’auteur. Les expériences menées jusqu’ici comme en Picardie (lien de Frédéric plus haut) ou dans les Bouches-du-Rhône plus récemment ainsi que dans les Landes, ces expériences ont révélé que sous forme numérique, les enseignants souhaitent être beaucoup plus actifs dans la définition des contenus. Ce qui remet en cause le format éditorial d’un livre figé… et là, les éditeurs scolaires ont beaucoup, beaucoup de mal à suivre… d’où les situations de blocage.

    Cela dit, s’il s’agit de gagner du poids simplement, la solution existe ! Il suffirait que les éditeurs acceptent d’éditer leurs contenus sous forme de fascicules : un par trimestre par exemple, voir un par chapitre ! Et la classeur, s’il est bien conçu, pourrait recevoir en même temps les fascicules de contenus et les documents personnels des élèves.

    Il suffirait d’une décision politique pour imposer aux éditeurs la segmentation des manuels par fascicule ! Et le poids des cartables serait immédiatement divisé par 2 ou 3 au minimum… Manque de volonté politique ou chasse-gardée des éditeurs ? Car la segmentation en fascicule peut nuire à leur business model…

    N’oublions pas que dans le monde de l’édition, l’édition scolaire est considérée comme une véritable vache-à-lait ! C’est un des secteurs les plus rentable de l’édition… et c’est peut-être là le principal obstacle d’évolutions souhaitables, sans opposer l’imprimé au numérique mais en complémentarité avec lui.