La réforme concédée par facebook et arrachée par ses utilisateurs !

Vous avez peut être déjà remarqué, facebook a été mis à jour ce matin. Suite aux nombreux comptes facebook supprimés et au malaise  grandissant provoqué par la politique de facebook en matière de confidentialité des données personnelles, l’entreprise a finalement fait un premier petit effort pour permettre un meilleur contrôle des données personnelles des internautes. Tout d’abord, un véritable effort pédagogique a été fait. L’ensemble du fonctionnement est détaillé dans une notice que je trouve assez clair. Je vous invite fortement à vous renseigner et à vous intéresser à ce problème afin d’éviter des situations embarrassante. Ce que vous publiez sur facebook est adressé par défaut à presque la terre entière, alors si vous voulez contrôler votre identité numérique, intéressez-vous y de prêt, on ne le répètera jamais assez.

Cette réforme est intervenue car elle était indispensable pour la survie de facebook, c’est ce dont s’est rendu compte Mark Zukerberg. La direction a bien senti qu’un mouvement de contestation fort s’était installé vis-à-vis de sa politique de confidentialité des données personnelles. Ce mouvement de contestation, en plus d’être fort, risque d’être durable pour plusieurs raisons.

La première  raison est la tardive réaction de la maison mère et les propos scandaleux qui ont été tenus par son PDG pour justifier cette politique, le mal est fait. Dans beaucoup d’esprits » facebook=bigbrother ».

Deuxième raison, si quelques ajustements ont été réalisés en surface, le problème reste le même, les réglages par défaut sont beaucoup trop permissifs et les utilisateurs non-expérimentés ne prendront pas la peine de régler convenablement l’accès à leurs données. Si facebook a une responsabilité, ce n’est pas la seule organisation, un effort de sensibilisation doit être mené par les associations,  l’état ainsi que les citoyens.

Troisième raison, la réforme n’a tenté de répondre qu’à une partie du problème: « les données personnelles de l’utilisateur vis à vis des autres utilisateurs », qu’en est-il de la question « des données personnelles de l’utilisateur » vis à vis de facebook ? facebook peut toujours les vendre ou les transmettre à un tierce sans avoir à rendre de compte. Si la CNIL doit avoir les moyens d’agir sur le sujet, facebook doit rendre les droits sur les données personnelles à ses utilisateurs. (Oui, je suis en train de dire qu’ils doivent changer de business modèle.)

Ce qu’on retiendra

Ce qu’on a pu voir, c’est l’incroyable force des utilisateurs de ces réseaux sociaux. Le danger de facebook vient de facebook lui même. En effet, il est fort probable que si facebook ne prend pas la mesure du problème, ce dernier implose. Les leaders d’opinions ont une capacité d’influence qui n’est pas à négliger et il serait très facile de faire basculer le réseau vers une alternative de qualité plus sérieuse dans la gestion de la confidentialité des données utilisateurs. Si son fondateur n’y prend pas garde, facebook pourrait se retrouver à n’être plus qu’un immense réservoir à propagande anti-facebook…

Est-on en train de voir apparaitre des syndicats 2.0 ?

PS: Merci à Yoann pour les corrections de ce billet et les précédents 🙂

Des syndicats 2.0 pour défendre les intérêts des contributeurs ?

Soudainement, il me revient à l’esprit un article écrit en 2006 par Karl Dubost sur son blog la-grange.net. Cet article est intitulé esclavage 2.0. En avance sur son temps, il dénonce l’exploitation des contributeurs organisée par les entreprises. Le terme esclavage est peut-être un peu fort mais on ne peut nier que les contributeurs permettent aux entreprises de générer de la valeur. Si google fait des profits c’est uniquement parce qu’on lui confie nos données à travers divers services « gratuits », si facebook attire autant l’attention c’est en raison des données personnelles stockées sur ses serveurs qui lui permettent de proposer son service de publicité ciblé. Si lepost.fr génère du trafic c’est grâce aux nombreux contributeurs qui écrivent chaque jour sur ce média. On pourrait donner des dizaines d’autres exemples…

La question que je me pose est la suivante: étant donné que les communautés de contributeurs produisent de la valeur et qu’elles sont souvent encadrées par des entreprises, n’est-il pas légitime que les contributeurs s’organisent pour défendre leurs intérêts commun ?

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