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Le libre et le propriétaire, deux modes de productions.

Depuis quelques temps, je cherche à imager ce qu’est le Libre par rapport au propriétaire pour l’expliquer simplement et montrer ce que cela implique socialement.

Voici un petit essai déjà parût sur le blog Libre au MoDem et un peu retravaillé pour connexion démocrate.

Je discute autour d’une table A de 5 participants et soudainement je produis une idée. Un participant trouve l’idée séduisante, il me fait échos et la développe en associant une autre idée.

Dès lors, je ne peux plus moralement revendiquer cette idée pour mon compte. Elle est le fruit de deux réflexions.

Un second participant reprend l’idée commune et la nuance, il la modifie. Il créé une nouvelle idée commune. Nous décidons alors tous les 2 de la laisser « libre », c’est à dire, nous choisissons de laisser aux autres participants le droit d’en user, de la modifier, de la diffuser et de l’améliorer à condition d’en citer la paternité.

Il y a un troisième participant qui émet une toute autre idée, il est très satisfait de son idée. Il est persuadé qu’il pourra en tirer profit s’il en restreint l’accès, alors il pose un copyright dessus. Il se dit qu’il est dans son droit et qu’après tout, c’est son idée, elle lui appartient. Il déclare: « Maintenant, si vous voulez utiliser mon idée, vous devrez payer. Si vous voulez la modifier, vous pourrez le faire mais je ne vous y encourage pas, seulement après l’avoir acheter et  dans un cadre personnel. Même si vous achetez mon idée, vous n’avez en aucun cas le droit de la diffuser sans me demander mon autorisation ».

Les participants 4 et 5, qui trouvaient pourtant l’idée du participant 3 intéressante se tournent vers l’idée commune en raison des conditions d’accessibilité plus aisée et l’enrichissent à leur tour.

Au final, il sera sortie deux idées à cette table. L’idée commune est riche intellectuellement car elle a été nourrie par l’intelligence collective.  De plus, par le biais des participants 1,2,4,5 l’idée va se diffuser facilement, l’autre étant moins riche et  avec moins de relais, elle va se diffuser plus difficilement mais, probablement, elle rapportera un peu d’argent à son propriétaire.

Si le propriétaire de l’idée a un capital économique de départ assez important, il pourra tout de même employé un personnel qui l’aidera à la développer et il en récoltera tous les fruits.

Au contraire, dans le cas de l’idée libre, les acteurs qui viendront co-créer ne coûteront pas un centime mais en échange ils auront la liberté d’en disposer.

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  1. Le « Libre » est pour moi une idée pleine de promesses et voit des applications concrète avec Linux et Spip par exemple. Le problème de la propriété intellectuelle devient délicat lorsqu’il y a une implication matérielle. Mon père travaillait dans le secteur des machines outils et prototypes. Une idée d’amélioration, voire une idée originale, ne pouvaient qu’être protégées car elles étaient « matériellement » transformées en machines coûteuses et élaborées.

    Par conséquent, je pense qu’aujourd’hui on doit se poser la question du Libre par rapport à son implication (hard ou soft) et non plus par rapport à la naissance des idées qui, effectivement, sont plus productives à plusieurs que seul dans son coin.

    Qu’en penses-tu ?

  2. @Pierre,

    C’est pas faux et tout à fait intéressant.
    Le libre est plus difficile à appliquer à l’économie matérielle car la matière est plus coûteuse. Pour des recettes de cuisine, ça va encore, pour des machines c’est un autre problème.

    On peut cependant noter qu’une association s’était essayée à produire une voiture écolo Open Source. (Merci à Achim Bloch pour le lien)
    http://www.zdnet.fr/actualites/inte

    On peut également penser à l’initiative de Tablette web de Techcrunch qui ne s’est apparemment pas poursuivie:
    http://fr.techcrunch.com/2008/07/22
    Dans le cas de techcrunch, l’annonce avait surtout de faire un bon gros buzz sur la blogosphère, et ça a marché.

    On peut penser à la fameuse bière open source. La recette a été rendue libre par la société, cela leur a permis de faire entendre parler d’eux: la « Vores Øl ».
    http://linuxfr.org/2005/07/21/19331

    Des communautés libres essayent de s’organiser aussi pour produire du Hardware libre, mais c’est une entreprise difficile. Cela semble avoir peu de succès pour le moment.

    Effectivement, je ne suis pas sur que le concept puisse prendre dans les entreprises. Par nature, elles chercheront à rentabiliser financièrement le plus possible leur trouvaille. Si jamais elle laissait libre leur technique, alors un concurrent pourrait la reprendre, l’améliorer un peu et lancer le processus de production. L’avantage résiderait seulement dans la capitalisation de l’image de marque… Dans certains cas, ça peut valoir le coup. Dans d’autres cas, pas du tout.

    « Le libre dans l’économie matérielle », ça pourrait faire un bon sujet de billet. 🙂

  3. Attention aux mauvaises interprétations qui peuvent découler de cette vulgarisation !
    J’ai fait lire le texte à des gens «normaux» et il me semble essentiel d’apporter quelques précisions :
    Le concept d’échange libre ne nie pas le droit d’auteur. Au contraire, l’échange libre repose sur l’utilisation massive et détournée du droit d’auteur. La différence fondamentale avec le droit d’auteur tel qu’il est perçu habituellement tient au fait qu’on ne restreint pas les droits des autres en leur interdisant l’utilisation complète de l’œuvre.
    La rétribution du logiciel libre ne réside pas seulement dans la reconnaissance par les pairs du travail réalisé. Il est tout à fait correct de vendre du service (i.e. de l’expertise ou de l’intégration) autour du logiciel libre.

    Cette dernière remarque me permet également de faire la transition vers les machines industrielles bien souvent développés de façon privatrice de liberté. Il existe là aussi une alternative qui consiste à *vendre* son service comme développeur et fournir son code source de façon libre. Seule l’entreprise qui utilise ce matériel spécifique pourra réellement se servir du développement réalisé et ne sera pas dépendante de la société éditrice. Là aussi les entreprises ont en fait également intérêt à exiger des développements logiciels libres.

    @Antonin
    Je suis choqué de voir que tu as oublié de citer le Neo Free Runner, un téléphone portable avec du matériel dont les spécifications sont ouvertes, ou les processeurs SPARC ou MIPS qui sont pleinement documentés.

    En ce qui concerne le matériel (comme en ce qui concerne les standards d’échange de données), on ne peut pas à vrai dire parler de matériel libre car la condition de modification ne peut pas, dans la plus part des cas, être remplie. On peut en revanche parler d’ouverture ou de mise en œuvre libre.