dans UVSQ

« La politique des caisses vides » ou la mise en place des politiques néo-libérale

Étant donné que la sociologie revient à la mode en ces temps de crise, je vous propose la lecture d’une analyse de Sébastien Guex intitulé « la politique des caisses vides ». Il s’agit de sociologie financière. Comment la politique économique néo-libérale des 30 dernière années s’est mise en place et domine (a dominé ?) le monde, c’est ce que Sébastien Guex nous montre.

Au choix, ci-dessous, le compte rendu que j’ai fais l’année dernière sur ce texte. Bon, en toute franchise, je n’ai eu que 11/20. Le mieux serait quand même de lire l’original.

Au lieu de votre journal, imprimez cet article pour le lire dans les transports par exemple. C’est assez digeste et tout d’un coup ça fera lumière dans vos têtes 🙂 A part si vous êtes déjà des bêtes sur le sujet, bien sur !

La politique des caisses vides

Introduction

Constat unanime, il y a une accélération du processus de mondialisation et de financiarisation du capitalisme depuis 30 ans. A partir de 1970, tous les états subissent une crise assez profonde et coïncide avec le mouvement de mondialisation financière. L’auteur se demande quelles sont les origines de cette crise financière et quels liens est-il possible d’établir avec la mondialisation.

Le texte utilise comme grille de lecture l’évolution des finances public. Sébastien Guex se base sur un courant de pensé assez marginal, la sociologie financière. Dans son analyse, il prend uniquement en compte des pays économiquement développés. Nous verrons ainsi dans une première partie la crise des finances publics et le public choice theory, puis marasme économiques et déficits: la politique des caisses vides, mondialisation financière et concurrence fiscale.

Crise des finances publics et le Public choice theory

L’auteur distingue deux périodes où les finances sont en crise. La première, de 1945 jusqu’à 1970, les états sont endettés à cause de la guerre. Elle reste cependant très rarement au dessus de 1% du PIB. Elle décroît assez rapidement, environ 3,6 % par an. La deuxième période est de 1975 à aujourd’hui. La dette devient permanente et elle s’accroît. Elle va même jusqu’à dépasser 3% du PIB dans certains. Son rythme de croissante a été de 3,5% par an de 1980 à 1998. Ce déséquilibre entre recette et dépense provoque une crise financière dans la deuxième moitié de la période 1970-Aujourd’hui. (On notera l’actualité de cette analyse en constatant la récente crise des subprimes.) L’auteur s’interroge sur les raisons de cette crise.

L’école du public choice croit qu’il existe un lien entre le marché public et le fonctionnement de la démocratie parlementaire. La Pression exercée sur les politiciens par la concurrence serait similaire à la pression exercée sur les entrepreneurs privés. Les politiciens sont en compétitions pour obtenir le soutien de leur électorat. Les discours sont approximatifs et relève de la rhétorique tout en voulant se faire passer pour de savants économistes. L’auteur constate une réelle Influence du public choice sur les états nationaux et l’union européenne. La diffusion de la théorie se fait dans les différents réseaux sociaux, champs économique, politique, universitaire et médiatique.

Par cette conclusion, le public choice légitime, d’après l’auteur, des dispositions limitant gravement la démocratie. The economist aurait écrit que l’idée d’une autorité financière indépendante sur le modèle des banques centrales et à laquelle la politique financière serait confiée, «mérite d’être prise sérieusement en considération ».

Marasme économiques et déficits: la politique des caisses vides

    La crise financière public de la seconde moitié des années 1970 est dus à un facteur majeur:

le ralentissement de la croissance économique entrecoupée de récessions. La quantité de matière imposable tend à se contracter puisque les salaires et les revenues diminuent, la masse de profit ou le volume des échanges progressent plus lentement. La pression fiscale reste au même niveau et donc les dépenses socialisée diminuent. D’après l’auteur, ce facteur est important mais ne doit pas être surestimé. La crise financière est avant tout le résultat des rapports de forces sociaux et politiques. Elle est le produit de choix opérés en matière de politique financière.

A partir de 1970, la conjoncture est morose et instable. Les milieux industriels et bancaire montrent la volonté d’améliorer leurs compétitivités respectives. D’après l’auteur, cette période marque un tournant vers une politique de réformes néo-libérales.  Dès lors apparaît la « politique des caisses vides » ou politique des déficits pour mener ces réformes. Cette politique consiste à limiter ou diminuer les recettes de l’état en plafonnant ou diminuant les recettes de l’impôt touchant les détenteurs de capitaux pour creuser le déficit budgétaire. D’après Guex, l’objectif de cette stratégie serait de créer un climat d’austérité pour établir des conditions idéologiques et politiques favorables à la contre réforme sociale et financière. Clinton en 1992 est le président qui a, paradoxalement, rétrécit le plus l’état en démantelant l’aide sociale. Il a pu le faire en raison de la bonne conjoncture économique du pays. Il a même réduit la dette publique. The economist a ainsi découvert que la réduction des dettes peut déstabiliser le marché. En effet, lors de ces événements le marché financier a été pris de panique. Cela n’a pas duré, Georges bush a lancé un programme de réduction massif de l’impôt qui touchait les plus riches. La politique des déficit était de retour.

Des succès consistants

On constate une diminution des dépenses étatiques en particulier celles qui ne sont pas directement utiles aux détenteurs de capitaux (sécurité sociale, éducation, santé, culture ou co-développement). R. Richardson dit que le meilleur stimulus à la privatisation est la crise financière.

La réforme néolibérale s’est fixée deux autres buts centraux qui est de diminuer le « poids » de l’état, c’est à dire le degrés générale de pression fiscale et modifier la répartition de la charge des impôts.

L’OCDE fait nettement sortir les grandes tendances.

  • Jusqu’au début de 1980, les recettes fiscales augmentent progressivement de manière soutenue (Niveau de recette passe de 25,4% à 34,1% avec une augmentation annuelle de 1,48%).

  • De 80 à 90, ce rythme atteins encore 0,87% par an et plus que 0,41% de 1990 à 2001.

Il y a une remise en cause de la structure de la charge fiscale. Cela se manifeste par le transfère d’une fraction du poids de l’imposition reposant sur les détenteurs de capitaux vers la grande majorité des salariés. De 1960 à 1980, la part de l’imposition directe s’accroît au rythme de 0,5% par an (touche généralement les plus riches). Celle des impôts de consommation diminuait de 0,99%. La situation change dans les années 1980: La part d’imposition sur les revenus et la fortune stagne. Elle ne progresse que de façon infime jusqu’en 2001 de 0,08% par an. D’important pas ont donc été accomplis en direction de « l’état svelte ». Aux yeux des détenteurs de capitaux la réforme présente deux atouts:

Oblige les pouvoirs publics à contracter des emprunts importants et accroît la dépendance politique à l’égard des milieux capitalistes. « La dette resserre l’emprise du capital sur l’état » et « rend celui-ci inféodé politiquement à la classe des banquiers, investisseurs autres courtiers en argent ». Ces derniers se voient offrir des placements rentables et sur.

Mondialisation financière et concurrence fiscale

L’accélération du processus de financiarisation du capitalisme depuis le milieu des années 1970 a entraîné une intensification des échanges. L’OCDE publie en 1998, « concurrence fiscale dommageable. Un problème mondial. ». Les deux cents premières multinationales totalisent un chiffre d’affaire supérieur au quart du PIB mondial. L’accroissement des moyens de pression sur les autorités politique multiplient leurs possibilités de fraude fiscale.

Il y a une très faible diminution de la masse des revenus. Une série de contraintes financières ont été adopté dans la plupart des pays industrialisé, comme le pacte de stabilité. La concurrence fiscale pousse la pression fiscale sur les riches à la baisse, ce qui diminue les recettes étatiques, accroît les déficits et impose aux pouvoir publics la limitation de leurs dépenses.

Ecrire un commentaire

Commenter

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  1. D’accord, mais alors, si les caisses sont vides, d’où viennent ces 360 milliards annoncés par Sarkozy ?

  2. il faut sans doute regarder du côté des pays du golf, la Chine, la Russie, etc, etc….??

  3. @Spaulding Les caisses sont vides seulement pour ceux qui veulent bien le croire.
    Pour l’état providence, les caisses sont vides. Pour le capital, un peu moins. C’est toute la subtilité de la politique néo-libérale.