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L’exigence de transformation démocratique doit d’abord être présente au sein des partis

C’est ma conviction profonde. Et elle s’est encore renforcée hier soir lors du Kremlin des blogs organisé par Olivier Arlès avec Corinne Lepage en compagnie de Jegoun, MIP, Dagrouik, le maire du Kremlin-Bicêtre, Yann Savidan, Seb Musset, Florent, Pierrick Prévert et Vogelsong.

Au lancement du MoDem, je me rappel encore de F. Bayrou qui clamait « De la démocratie au sein du parti oui, mais pas comme chez les verts » et J-L Benhamias l’appuyait du style « Oui, je témoigne, la démocratie c’est nul dans les partis politiques, je suis une victime collatérale, regardez les verts. ». François Bayrou renchérissait « La démocratie, c’est pas le bazar ».

Et puis, on sait ce qu’il est advenu. Un bazar. Mais pas un bazar anarchique, pas un bazar créatif et libérateur, un bazar autocratique. Un bazar sciemment organisé pour désorganiser, désorienter, stigmatiser les opposants et imposer l’autorité du chef, du « patron », comme il aime se faire appeler, envers et contre tout, même les règles qu’il avait pourtant décrétée.

Ces déclarations continuent de résonner en moi et je me demande encore comment j’ai pu faire confiance à des individus tenant ce genre de propos.

J’ai jadis (il y a très longtemps dans ma jeune vie) adhéré au MoDem lorsque François Bayrou dénonçait une classe politique dans sa bulle. Il avait touché quelque chose de profondément ancré dans l’esprit des français lors de sa déclaration sur la motion de censure pendant le CPE. Et puis, il a continué à faire comme les autres en pire, de la politique à l’ancienne sans talent. Un homme, un appareil, une élection. Nous avons abordé à plusieurs reprises le thème du pouvoir personnel et notamment au travers de la gestion du pouvoir de François Bayrou que Corinne Lepage voyait hérité du « Bonapartisme », « comme Sarkozy ». Aucun des ex-MoDem autour de cette table n’a semblé trouver ces qualificatifs trop fort ou trop faible. Ils étaient pesés. En fait, avec le recule, cela correspond assez bien. Certains le prendront comme une insulte pourtant il suffit de regarder à froid et de faire une rapide comparaison.

Lorsque je suis arrivé « A la comète » j’ai fais la connaissance « physique » de Pierrick Prévert, nous nous sommes rapidement mis à discuter de notre conception de la démocratie et ce qu’il y avait à changer dans le système d’aujourd’hui. Nous avions quelques désaccord sur le degré d’implication directe des citoyens dans les prises de décisions mais nous sommes très rapidement tomber d’accord sur le fait qu’il faille « institutionnaliser la défiance » à la Rosanvallon.

Mais avant de pouvoir institutionnaliser cette défiance au niveau national, quoi de plus naturel que de l’expérimenter au sein d’un parti politique ? S’il n’est pas expérimenté en aval, pourquoi serait-il mis en place en amont ?

Si certains ont fait une croix sur cette vision de la démocratie, moi non. J’aurai pu rester bien sagement au sein du parti, comme un dévot l’aurait fait pour sa cathédrale, mais alors j’aurai renier tout ce en quoi je croyais et cautionné ce qui ne peux l’être.

Aujourd’hui, j’adhère au processus de structuration d’Europe Écologie afin de peser dans le débat. J’invite les citoyens conscients de ces enjeux à se mobiliser et prendre position massivement. Je me laisse jusqu’à décembre prochain et après cela, je renouvellerais ou non mon adhésion.

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12 Commentaires

  1. Eh, les gars, vous avez pas dus beaucoup dormir cette nuit. Je n’ai pas oublié Yann et je n’ai rien modifié.

    Promis, juré, craché.

  2. @Mohamed,
    Je te tutoie toi, car je me souviens t’avoir rencontré un certain été, tu buvais de la bière.^^
    Moi aussi, suis mdr, peut-etre pas pour les memes raisons…

  3. Les partis sont-ils à aptes à cette transformation démocratique ?

  4. Chers amis blogeurs du Kremlin-Bicêtre, merci pour cette soirée d’échanges (même si j’ai conscience d’avoir été un peu bavarde…mais n’est-ce pas la loi du genre ?). Les sujets ont été divers et la discussion animée. Le but n’était pas nécessairement d’être tous d’accord sur les solutions, mais au moins de partager une analyse commune du constat, et de débattre des scenarii possibles ; nous l’avons fait et grâce à vous, j’ai enrichi ma réflexion.

    Concernant la transformation démocratique, 2 points sont très importants pour cet enjeu du 21ème siècle :

    – le financement qui malheureusement est problématique tant les règles ont été conçues pour maintenir l’hégémonie de grands partis

    – les femmes et les hommes qui composent ce parti, et l’appréhension qu’ils ont au pouvoir, et sur ce point là nous pouvons agir.

    Corinne Lepage

  5. @yann,
    Soit ils mutent, soit ils meurent à mon avis. Et la démocratie avec.

    @Corinne Lepage,
    Nous sommes bien d’accord sur ces points essentiels. Merci pour votre commentaire.

  6. Il est frappant de constater que les deux blocs tant décriés lors de la fondation du Mouvement Démocrate sont ceux qui ont utilisé une primaire interne pour préparer 2007 après le coup de tonnerre de 2002 – même si les réflexes d’appareils y ont finalement pris le dessus avec leur cortège de bourrages et coups tordus. Le PS a même repris le trait sur la transparence en évoquant des primaires ouvertes pour 2012.

    Idem pour le cumul des mandats : le modem a perdu l’occasion de se distinguer en donnant des gages qu’il voulait avancer vers une autre gouvernance (rappel de la doctrine Bayrou : 1 mandat national + 1 mandat local).

    Je dois pourtant avouer que j’étais d’accord avec F Bayrou cette après-midi du 8 mai durant laquelle il souligna que « si un parti politique doit tenir par son règlement intérieur il ne tiendra pas », lui laissant le bénéfice du doute pour en fixer les modalités. Une fois encore, il avait raison… et j’ai depuis réalisé que le doute n’était plus permis, que les textes n’engagent que ceux qui les appliquent. Je sais pourtant que la Démocratie est et restera un idéal, Churchill disait avec humour le pire régime à l’exclusion de tous les autres, mais ceux qui avaient rejoint la vague orange pour cela ne s’y feront pas reprendre de sitôt : la cohérence c’est l’âme du politique.

    De plus, d’un point de vue bassement terre-à-terre (les suffrages, nerf de la guerre des partis) je crains que les partis en place n’aient un bon contrôle de leur électorat respectif, godillot pour les uns, pavlovien pour las autres, et que l’autre voie telle qu’esquissée en 2007 doit bien s’appuyer sur la majorité silencieuse, les 2 français sur 3 qui n’ont pas confiance en leurs partis politiques : non seulement ce n’est pas la peine, mais c’est même contreproductif d’aller se battre sur le terrain de l’adversaire pour conquérir un électorat plus ou moins captif soit à gauche soit à droite, avec des armes (appareil, finances) moins puissantes et un handicap de position. Il me semblait que tout cela avait été clairement énoncé lors du congrès fondateur, mais j’y avais peut-être vu ce que je voulais y voir…

    Pour la question de fond, je crains que les deux partis dominant ne trouvent leur compte à l’établissement d’une caste de politiciens professionnels qu’ils se partagent au détriment de leurs concitoyens, trop souvent préoccupés par leur réélection ou leur « carrière » politique avant de l’être par l’intérêt de leurs administrés. Il ne changeront pas la loi électorale qui permet cumuls dans le temps et dans l’espace s’ils n’y sont pas contraints, exception française qui coupe les politiques de la vraie vie et en les plongeant dans les arcanes des appareils les divertit d’exercer la mission pour laquelle ils sont élus : exercer des choix en leur âme et conscience pour représenter leurs concitoyens.

  7.  » L’ appréhension qu’ils ont au pouvoir »
    Très joli…Mais complètement à coté de la plaque:
    aurais dit: appréhension qu’ils ont du pouvoir ! De plus, des petits « insignifiants » peuvent en avoir bien davantage que cette: « chairman sir » peu visionnaire !. 😛