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L’appel du 22 mars, concilier l’organisation de la défiance et la conquête du pouvoir

Après un premier appel lancé par Daniel Cohn Bendit le soir du 21 mars qui souhaite ouvrir le débat sur la constitution d’Europe Ecologie, un second appel, plus collectif cette fois, a été lancé par un certain nombre de personnalités du mouvement écologiste.

Autant j’ai apprécié la fondation de principe écrite de la main de Daniel Cohn Bendit, autant je suis plus mesuré sur ce second appel.

Ce second appel affirme la constitution d’Europe Ecologie en proposant un certain nombre de préalable pour avoir un impacte institutionnel et ainsi se passer de la colonne vertébrale verte.

Le mot institutionnel est important car il s’agit de construire une organisation politique suffisamment dans le moule de la 5e république pour prendre le pouvoir, tout en conservant sa particularité de mouvement. L’enjeu étant de densifier les réseaux associatifs autour de l’organisation pour exister en dehors du système électorale. Il s’agit pour europe écologie d’inventer une structure capable d’organiser l’expression de la défiance sociale et présenter des candidats porteurs de changement politiques lors des échéances électorales.

« Civiliser le politique et politiser les associatifs » tout l’enjeu de la constitution d’Europe Ecologie est de trouver le juste équilibre organisationnel qui réaliserait cette aspiration.

Les quelques préalables présentés dans la seconde contribution me laisse quelque peu septique.

En effet, faire payer une cotisation pour adhérer ne constitue t-il pas une première barrière à l’engagement des citoyens ?

Interdire la double adhésion à terme ne mettra-t-il pas fin à l’attractivité du mouvement ?

A mon avis, Europe Ecologie doit rester un hub, un espace de connexion entre diverses tendances avec une organisation la moins hiérarchique possible et des outils de démocratie directe puissant.

J’imagine qu’il ne sera pas difficile de faire mieux que tous les autres partis politiques existant, pour autant, les partis politiques français sont très loin d’être des modèles de démocratie et aucun n’a encore intégré cette dimension de mouvement.

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  1. Analyse intéressante. La problématique qui se pose dans le cas de la double appartenance peut apparaître lors de la constitution des listes électorales. Est-il sain que ce soit des partis politiques et des associations qui puissent faire valoir leur favoris (donc ceux qui tissent un réseau interne dense à leur structure sans forcément d’égards vis-à-vis du contenu programmatique, de la vision politique, et des intérêts du mouvement écologiste en général) plutôt qu’un système de « méritocratie » plus large où chaque participant a une voix et le choix s’effectue sur la base des compétences et non de favoritisme intra-parti constituant. Pour être plus clair, est-ce qu’un Vert au sein d’EE votera pour le plus compétent ou pour celui qui s’affiche comme vert de sa propre tendance?

    Pour l’adhésion payante, plutôt d’accord avec toi sur le principe, mais le même problème se pose à nouveau. Est-ce une bonne chose que les partis constituants contrôlent les finances plutôt l’élément fédérateur (EE)? De plus, je crois que les finances d’EE laissent à désirer et exigent des cotisations directes pour pouvoir perdurer (l’appel à cotisation volontaire a échoué).

  2. @Arnaud,

    Il est clair que les citoyens doivent adhérer en tant que citoyen et non en tant que militant politique appartenant à un groupe politique. Même si cela semble être un vœux pieux, cela ne peut fonctionner qu’à cette condition. Il me semble qu’une structure politique faisant confiance à ses membres en leur laissant un maximum de liberté est digne d’intérêt et qu’il est du devoir de chacun de respecter quelques principes.

    A quelle hauteur l’appel à cotisation a-t-il échoué ? Si tu as un article à ce sujet je suis preneur.

  3. D’accord avec toi, tant qu’un système permet d’éviter les votes pour le parti d’origine.

    Pour la souscription, c’était dans Médiapart hier (Europe Ecologie lance son grand remue-méninges):

    « Et de se remémorer le dernier «coup» de Cohn-Bendit, quand il lança sans prévenir personne l’idée d’une souscription à un million d’euros, oubliée depuis qu’elle ne dépassa pas les 50.000 euros. »

    Pour l’appel à souscription lui-même voir ce lien: http://www.europeecologie.fr/actu/1