La note anti-MoDem dans son intégralité

__1) Plusieurs mouvements récents dans la famille centriste sont à noter.__ Votre proposition à Michel Mercier pour appartenir officiellement à la majorité présidentielle a sans doute été un déclencheur puisque le président du groupe UC du Sénat ne s’en est pas caché. Les ministres centristes (Hervé Morin, Valérie Létard, André Santini – Christian Blanc se tient à l’écart) ont alors redoublé d’assiduité auprès des sénateurs centristes pour leur proposer une alliance plus claire au sein du Nouveau Centre. Le petit groupe prêt à le faire atteindrait aujourd’hui le tiers de l’effectif. Depuis le lendemain des élections municipales, Michel Mercier a fait savoir à François Bayrou et Marielle de Sarnez qu’il ne les suivrait plus dans des opérations-suicides et sectaires et que c’était là sa responsabilité de trésorier à la fois de l’UDF et du MoDem. Jean Arthuis, dans une interview au Journal du dimanche, est venu s’aligner pratiquement mot pour mot sur la position de Michel Mercier. ++Thierry Cornillet, député européen centriste, __que vous avez reçu,__++ a de son côté publié un manifeste pour le Centre qui constitue à la fois une proposition et une analyse pertinente de la situation : le Nouveau Centre ne recrutera pas plus, par contre il est possible de retravailler dans le cadre de l’UDF historique sans François Bayrou.  »Voilà avec qui s’acoquine Thierry Cornillet ! Sa stratégie à l’intérieur du MoDem n’a rien d’étonnante puisqu’il est téléguidé par Sarkozy. » ((/public/taupethierry.png|taupethierry.png|L)) Dans le même temps, de nombreux élus dans le Grand Ouest, maires de petites villes (Douarnenez, Concarneau, Landerneau, Quimperlé) ne s’affilient pas au Nouveau Centre mais se réclament de l’Union centriste. Pierre Méhaignerie, comme il vous l’a d’ailleurs dit, les encourage dans ce sens. S’ils ne veulent pas venir à l’UMP, il préfère qu’ils n’aillent pas non plus au Nouveau Centre. __2) Derrière ces mouvements variés, plusieurs constantes peuvent nous permettre de continuer à compter sur l’ensemble de la famille centriste pour la recherche d’une majorité au Sénat et d’une majorité au Congrès.__ Michel Mercier souhaite sincèrement être ministre et reste très intéressé par la possibilité pour un parlementaire de retrouver son siège directement, comme l’avant-projet de loi constitutionnelle le prévoit. Jean Arthuis veut conserver la présidence de la commission des finances en septembre prochain. Pierre Méhaignerie veut rester la référence centriste au sein de l’UMP. Enfin, il est clair qu’à quelques semaines du versement aux partis politiques de la dotation publique de l’Etat, les sénateurs centristes et de nombreux élus locaux ne veulent plus en faire bénéficier François Bayrou et Marielle de Sarnez, sans pour autant apporter tout cela au Nouveau Centre. En conclusion, il est possible dans les semaines qui viennent que les UDF centristes historiques récupèrent même matériellement le siège du parti et tous les actifs qui y sont, lesquels appartiennent toujours formellement à l’UDF. Nous nous retrouverions alors avec un parti centriste supplémentaire (l’ancienne UDF) entre le Nouveau Centre et le MoDem. 3) Il est clair que, depuis plusieurs semaines, cette analyse a été faite par Jean-Louis Borloo et son secrétaire général, Laurent Hénart. Le ministre d’Etat multiplie les entretiens et les déjeuners avec l’ensemble de cette mouvance et tente, en vain jusque-là, de la fédérer à son profit. Dans ce contexte, ++la réunion que vous présidez [mercredi 9 avril] avec la majorité présidentielle n’en est que plus opportune.++ ————————– Les manœuvres élyséenne ayant pour but de faire tomber le Mouvement Démocrate se multiplient. Mais tout ce cirque ne fait que nous renforcer dans notre conviction qu’il est plus que jamais nécessaire de maintenir une ligne politique Démocrate ET indépendante. L’acharnement de Nicolas Sarkozy a vouloir tuer le MoDem est la preuve que nous le dérangeons et lui faisons peur. Les à-plat-ventristres n’ont qu’à tous partir, et cette fois-ci, qu’ils fassent un voyage grouper ! Cette agression aura des répercutions politique auprès des Français qui en ont marre de voir la bulle du pouvoir, dans le dos de tous, concocter son affreuse mixture politicienne. La confiscation des pouvoirs se poursuit, l’obsession Sarkozyenne n’a t-elle aucune borne ?

Sarkozy veut flinguer Bayrou

LE MONDE | 10.04.08 | 14h13 • Mis à jour le 10.04.08 | 14h16

En dépit des récents déboires électoraux rencontrés par le MoDem, le « cas » de son président, François Bayrou, continue d’occuper Nicolas Sarkozy, qui cherche à isoler l’ancien candidat à l’élection présidentielle. En témoigne une note de synthèse, adressée, lundi 7 avril, au chef de l’Etat, par l’un de ses conseillers, Dominique Paillé.
Dans cette note, dont Le Monde a reçu une copie, M. Paillé fait la liste de tous les éléments qui pourraient contribuer à fragiliser M. Bayrou. Le conseiller du président insiste notamment sur les « mouvements » qui sont récemment apparus au sein du groupe sénatorial centriste. M. Paillé se félicite que « les ministres centristes (Hervé Morin, Valérie Létard, André Santini – Christian Blanc se tient à part) » aient « redoublé d’assiduité auprès des sénateurs centristes pour leur proposer une alliance plus claire au sein du Nouveau Centre (NC) », parti composé d’ex-UDF qui ont rallié M. Sarkozy. Selon M. Paillé, « un tiers » du groupe sénatorial serait prêt à s’engager dans cette voie.
Le conseiller du chef de l’Etat indique que le président du groupe centriste, Michel Mercier, « a fait savoir à François Bayrou et Marielle de Sarnez qu’il ne les suivrait plus dans des opérations suicides et sectaires et que c’était là sa responsabilité de trésorier à la fois de l’UDF et du MoDem ».
« Jean Arthuis (président de la commission des finances du Sénat, qui a décidé de quitter le Modem) est venu s’aligner pratiquement mot pour mot sur (cette) position », ajoute-t-il.
M. Paillé qualifie de « proposition pertinente » l’idée émise par le député européen centriste Thierry Cornillet, de « retravailler dans le cadre de l’UDF historique sans François Bayrou ». La note de l’Elysée aborde très directement les ambitions personnelles des uns et des autres :  » Michel Mercier souhaite sincèrement être ministre (…) Jean Arthuis veut conserver la présidence de la commission des finances en septembre prochain. Pierre Méhaignerie veut rester la référence centriste au sein de l’UMP. »
M. Paillé évoque enfin ce qui constitue un enjeu essentiel pour l’avenir politique du MoDem, et donc de son président : le partage des subventions publiques aux différentes formations politiques. « Il est clair qu’à quelques semaines du versement aux partis politiques de la dotation publique de l’Etat, les sénateurs centristes et de nombreux élus locaux ne veulent plus en faire bénéficier François Bayrou et Marielle de Sarnez », assure M. Paillé.
« En conclusion, indique-t-il, il est possible dans les semaines qui viennent que les UDF centristes historiques récupèrent même matériellement le siège du parti et tous les actifs qui y sont, lesquels appartiennent toujours formellement à l’UDF. Nous nous retrouverions alors avec un parti centriste supplémentaire (l’ancienne UDF) entre le NC et le MoDem. »

Patrick Roger

Il ferait mieux de s’occuper de sa présidence actuelle plutôt que de penser aux prochaines présidentielles…

Mittérand et Chirac aussi vulgaires que Sarkozy ?

Une fois de plus, Nicolas Sarkozy a montré son incapacité à porter le costume de président de la République. Une fois encore, une video circulant à toute vitesse sur le web (plus de 500 000 consultations en deux heures) a montré la face cachée de l’homme qui nous dirige.

Nous avons à nouveau la chance d’assister à l’incroyable et immonde spectacle du mépris. Après « Devedjan critique courtoisement Anne Comparini », « Françoise De Panafieux déclare sa flamme à Bertrand Delanoë » et « Sarkozy acclamé par les pêcheurs du guivinec », nous avons « Sarkozy serre des mains au salon de l’agriculture ».

Un style directe, en rupture avec ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy n’est décidément pas comme les présidents que nous avons connus.

Allons plus loin que ce simple fait dont l’intérêt ne réside pas réellement dans son contenu ou la manière dont les adversaires politiques l’utiliseront. L’insulte, le mépris des hommes (publics) pour le petit peuple ou les adversaires politiques est-il un phénomène nouveau ? 

Pour moi, ce n’est pas l’air du temps qui a durcit le langage des hommes publics. Aujourd’hui, on peut voir dans l’actualité ce qu’on ne pouvait pas voir il y a 5 ans. Avec l’arrivée « des médias des masses », la diffusion des images ne passe plus par une élite. Chaque information diffusée par un citoyen est immédiatement reprise par un autre citoyen. En quelques minutes, les sources de d’informations peuvent être démultipliées. C’est pourquoi tout contrôle du pouvoir visant à étouffer une information est voué à l’échec. (Exemple encore aujourd’hui ici et ici) Et surtout, c’est pourquoi nous pouvons aujourd’hui voir ce qu’on ne pouvait imaginer hier.

Après, je n’irais pas dire que François Mittérand et Jacques Chirac poussaient des jurons à tout bout de champ. Cependant, il ne serait pas étonnant que des propos équivalents aient été capturés par des caméras, et qu’au bout du compte, ils n’aient été diffusé pour des raisons d’éthiques ou bien politique.

La multiplication de ce genre de video producteur de buzz et de vide intellectuel fait le bonheur de l’anti-parlementarisme ambiant.

Cet événement est-il l’annoncxe d’une transparence absolue de l’homme public ? C’est possible…

La transition va être dure et certains utopistes qui nourrissent l’espoir d’une démocratie directe ont de beaux jours devant eux.