Retour sur les JDE: Internet, publicité et gratuité

Journée d'été EELVTrès bon atelier ce matin avec Charlotte Nenner, Sandrine Bélier, Khaled Gaiji, moi ainsi que toutes les personnes présentes dans la salle aux Journées d’été de Europe écologie les verts à Marseille.

J’étais attentif, malgré ce que la photo laisse paraitre 🙂

Ce que j’en retiens, la gratuité d’une grande partie du web n’est qu’apparente, nous échangeons le droit d’accès contre notre temps d’attention et nos données personnelles. Un consensus s’est dégagé entre les intervenants sur l’importance d’une liberté pour le récepteur d’information afin d’éviter une domination suprême de l’émetteur dans tout processus de communication, et plus particulièrement dans le cas de la publicité sur internet, de protéger par défaut l’internaute de la récolte des données personnelles ET de la pollution visuelle qui détourne notre attention, surcharge nos pages, gaspille l’énergie.

Merci aux EELV pour les échanges passionnés et la conscience développée sur ce sujet, poursuivons nos engagements.

Pour vous protéger de la publicité sur internet, une seule adresse, surfezcouvert.net et adhérer à Résistance à l’Agression Publicitaire.

A faire tourner !

Vous pouvez écouter une partie des échanges en audio (.flac) (1h)

Internet, publicité et gratuité

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Je serai aux journées d’été de EELV pour participer à l’atelier de Résistance à l’Agression Publicitaire: « internet, publicité et la gratuité ».

 VENDREDI 23 aout au JDE EELV DE MARSEILLE, DE 11H30 A 13H – LSH 205

Parce qu’un internet gratuit ne peut pas vendre nos données ou notre attention, explorons ensemble les modèles économiques réellement gratuit.

Internet, la publicité et la gratuité Free, bloquant la publicité, a déclenché une tempête dans le monde d’internet et des médias, qui dépendent de la pub. Internet a-t-il vocation à vendre du temps de cerveau disponible ? Y a-t-il des modèles internet et médias sans pub ? Comment se protéger de la pub sur la toile ? Animation : Charlotte Nenner. Avec : Sandrine Bélier, eurodéputée ; Antonin Moulart, animateur de la campagne « Surfez couverts » ; Khaled Gaiji, co-président de l’association RAP (Résistance à l’Agression Publicitaire).

Quelques liens

Voici une tribune de RAP sur le sujet publié en janvier dernier.
Quelques articles que j’ai écris sur le sujet cette année:

Et le guide internet que nous entretenons : surfez couvert

En espérant vous y voir 🙂

Il y aura également:

Affichage publicitaire : que peut faire l’Etat ? et la Mairie ?

LSH 206 de 16h à 17h30 le vendredi

Après les reculs du Grenelle, il est possible pour le gouvernement d’agir et de lancer une grande réforme pour réduire la pub. Les municipalités aussi peuvent agir, en instaurant des règlements locaux de publicité ambitieux.

Avec : Charlotte Nenner et Khaled Gaiji, Co-présidents de l’association Résistance à l’Agression Publicitaire ; Pierre-Jean Delahousse, président de l’association Paysages de France.

La nuisance de la publicité: une réalité mondialement partagée

Dans les rues, à la télé, dans la presse, sur internet, sur les vêtements, dans les films, les jeux vidéos… La publicité est dans l’air que nous respirons, partout dans le monde, dans tous les pays. Le mouvement de contestation de la publicité n’est pas une exception Française; de nombreux mouvements se sont construits au cours de ces 20-30 dernières années partout dans le monde, avec leurs spécificités, dans le but d’organiser une résistance à ce système prédateur au service d’une poignée de décideurs économiques et politiques.

La publicité actuelle est prédatrice parce qu’elle est créée par des humains pour se nourrir d’autres humains. Pour cela, elle articule trois types de prédations qui ne sont communément pas soupçonnées mais qui ont pourtant une influence sur nos comportements aussi surement que un et un font deux.

La première prédation est son harcèlement par l’image. La publicité est imposée à la vue des personnes, par son omniprésence et sa taille, elle est faites pour cerner la personne et ne lui laisser aucune échappatoire. La personne est libre de ne pas la regarder mais elle est obligée de la voir, ce qui entraine son cerveau reptilien à stocker des données. Un trop plein de sollicitation peut entrainer ce que les scientifiques appellent « une surcharge cognitive ». Plus notre attention est sollicitée, plus nous devons utiliser de ressources cognitives pour trier l’utiles du superflu. Pendant ce temps, cette disponibilité d’esprit n’est pas utilisée au service de la compréhension et de l’analyse des messages reçus, ce qui nous y rend d’autant plus vulnérable car notre capacité réflexive est sapée. Les publicitaires appellent cela « le temps de cerveau disponible ».

La seconde prédation est son intrusion dans la vie privée des personnes. La publicité se nourrit de plus en plus de données personnelles afin de mettre en place le ciblage comportemental. C’est à dire, l’exploitation de la vie personnelle dans le choix du message et sa personnalisation. Le ciblage comportemental donne le pouvoir à la publicité d’exploiter des ressorts affectifs et moraux dans un but manipulatoire. Ces données sont récoltées sur internet, dans la rue, par le biais de votre téléphone portable ou lorsque vous utilisez votre carte de crédit, ou par tout autre objet technologique que vous croiseriez ou actionneriez et qui serait muni d’une fonction de collecte de données. Ces masses de données (big data) ne sont pas seulement utile à la sphère marchande, elles sont parfois rachetées par des organismes publics (comme la NSA) ou alors des accords d’accès sont conclus entre les états et certaines entreprises dans le cadre de politiques sécuritaires.

La troisième prédation est la volonté nouvelle des publicitaires de créer des sectes de consommateurs. Les multinationales construisent à travers la publicité une histoire faussement authentique pour des produits industriels qui n’ont que la froideur des usines automatisées comme authenticité de fabrication. Cette démarche n’est pas nouvelle, la publicité cherche à vendre depuis bien longtemps un idéal de vie à travers les produits. Aujourd’hui les publicitaires conçoivent le consommateur comme le vecteur de cette propagande, « ambassadeurs de la marque » dans leur jargon. Le consommateur va produire des contenus vantant la marque qu’il va partager sur les réseaux sociaux avec ses amis. Par ces contributions, le consommateur va chercher à gagner des bons de réductions ou des cadeaux et surtout la reconnaissance de la communauté.

Ces trois prédations sont mises en œuvre de façon globale. Sur tous les continents, dans tous les pays, nous avons des espaces publics privatisés par la publicité, nous partageons le même internet et faisons face aux mêmes lobbies publicitaires qui changent la loi pour étendre leurs affaires. Une seule réponse est possible: l’union de toutes et tous à travers le monde contre ce système de manipulation et de gaspillage !

Participez ! Agissons !

http://mondialisons.antipub.org

Free bloque la pub et offre un web propre à tous ses clients

Que de remue ménage hier suite à l’annonce de la nouvelle mise à jour de la freebox qui permettra de bloquer une partie de la publicité par défaut pour tous les clients de free !

Free fait monter d’un cran la tension dans son conflit avec google qui est accusé de couter très cher à l’opérateur en raison de l’important trafic sur youtube. Pendant ce temps, les acteurs de l’internet dépendant de la publicité poussent des cries d’horreur face à la démocratisation subite des bloqueurs de pub.

Google n’a même pas besoin de se défendre car l’ensemble des acteurs qu’il a asservi réagissent pour lui. Au lieu de poser la question de la pertinence du modèle économique publicitaire, chacun essaye de défendre son pain (souvent misérable et précaire) sans se poser la question d’un web plus propre.

Ces internautes, qui parfois bloque eux aussi la pub dans leur navigation quotidienne, découvrent que si tous les types d’utilisateurs pouvaient disposer d’un bloqueur de pub facile d’utilisation, ce dernier resterait activé et le modèle économique publicitaire ne tiendrait plus. Personne n’aime la publicité, même pas ceux qui en vivent. Jusqu’à présent, seul les utilisateurs avancés pouvaient se payer le luxe d’un web propre avec une extension de navigateur comme adblock edge, mais c’était sans compter la surprenante sortie de free.

Cette nouveauté occasionne une nouvelle façon d’envisager le web grand public, un web allégé et débarrassé de la pollution visuelle ambiante. Les freenautes ne pourront bientôt plus se passer de ce bloqueur de pub tellement il soulage de la (sur)charge informationnelle quotidienne dont nous sommes les récepteurs, parfois passif.

En parlant de liberté, certains poussent des cries d’orfraies et dénoncent une soit disante atteinte à la neutralité du net (ce qui est faux comme l’explique Benjamin Bayart), ainsi qu’une soit disante atteinte à la la liberté d’expression publicitaire (tout un concept) sans se poser, à aucun moment, la question de la liberté de recevoir ou non de la publicité pour tous les internautes et non pas pour les seuls technicistes qui font un peu figure de grands privilégiés de la société de l’information.

Firefox grand complice de google, Free à la rescousse ?

Firefox ne fait pas son travail de navigateur correctement en interprétant les pages avec la publicité par défaut et occasionne sciemment une pollution visuelle qui créé la confusion et détourne l’attention de l’internaute. En ce sens, le navigateur de mozilla se rend complice de google et les autres grandes régies dans le détournement de temps de cerveau et de collecte de données personnelles des internautes. Alors même que ce dernier  se veut être un navigateur sécurisé du coté des utilisateurs, c’est tout le contraire qu’il cautionne !

Certains diront que ce n’est pas le travail de free de bloquer la publicité de façon technique, et ils auront sans doute en partie raison, mais face à des navigateurs internet dominant à la solde de la publicité en ligne, que reste-t-il comme alternative pour mettre en place un bloqueur de pub accessible à tous ?

Le modèle publicitaire, un modèle sans avenir

Il faut bien avouer que la situation a de quoi foutre un gros bordel. La majeure partie des créateurs professionnels du web sont dépendants des revenus publicitaires.

Pendant que wikipédia parvient à lever les 25 millions de dollars nécessaire à son fonctionnement, la chute de facebook en bourse se poursuit après l’histoire d’instagram et la morosité de google montre les limites de ce modèle plus que contestable tant il est intrusif, pollue visuellement et fait gaspiller de la bande passante. La question de la protection des données personnelles est de plus en plus sensible et les chargés de mission du cabinet de fleur Pellerin Colin et Collin étudient très sérieusement la possibilité de taxer la collecte des données personnelles pour limiter la collecte. Le ciblage comportemental (des produits que nous sommes) est pourtant ce que les publicitaires considères comme une voix d’avenir, mais les internautes ne semblent pas tout à fait d’accord sur ce point.

Les sites dépendant de la publicité se revendiquent malhonnêtement de la « gratuité » et demandent en réalité des contre-parties fortes couteuses en temps d’attention et données personnelles.

Il serait temps de généraliser flattr et de mettre en place un bloqueur pub par défaut dans les navigateurs qui facilite le don pour les créateurs de contenus, en supplément de mesures législatives comme la contribution créative ou le revenu de base inconditionnel qui soutiendraient la création.

Un web propre par défaut pour tous les internautes, à moins que c’est dernier choisissent un web sale, voilà une riche idée !

Débat « Surfons libre », le samedi 4 février après midi !

 

Réservez votre 4 février après midi pour une convergence maximale des luttes ! Surfons libre. Nous débattrons notamment des alternatives libres aux services de google& co. Ça causera auto-hébergement à n’en pas douter 🙂

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Après-midi de débats surfons libre
Le Samedi 4 février de 15 à 18h
Au Moulin à Café, 9 Pl. de la Garenne
Paris 14ème , M° Pernety

Au programme:

Présentation de l’idée du Collectif Surfons Libres – Surfons libres c’est l’idée de faire dialoguer les organisations et citoyens qui défendent un Internet libre ! – 15 minutes

Les services en ligne à la solde des publicitaires ? Surfez couverts ! (Avec l’association Résistance à l’Agression Publicitaire)
15 minutes + 25 minutes débat

Plate-forme de mobilisation citoyenne en ligne pour la protection des données personnelles (Avec Internet Sans Frontières)
15 minutes + 25 minutes débat

Débat citoyen et libre sur les alternatives aux services non respectueux des données personnelles et logiciels propriétaires
40 minutes

La constitution d’un collectif SURFONS LIBRES, collectif d’individus et d’organisations pour la défense d’un Internet libre
30 minutes

Un Internet libre et accessible pour toutes et tous c’est possible !

Votre détecteur de filtrage intégré à firefox

La censure se fait de plus en plus pressante dans de nombreux pays et les initiatives de logiciels pour contrer les entraves à la liberté d’expression fourmillent. “Censor Sheap” est un de ces logiciels simple et potentiellement efficace qu’il fallait inventer.

Censor Sheap est une extension firefox qui vous permet de détecter les sites censurés dans votre pays. A chaque fois que vous tomberez sur une page Erreur 404, l’extension enverra une requête à la base de donnée afin de vous informer si ce site existe vraiment. Dans le cas où il s’agit de censure, vous pouvez choisir de le recenser afin de prévenir les autres internautes.

A noter que le projet est récent donc il est possible de rencontrer quelques bugs. Vous pouvez les faire remonter.

Publié également sur internet sans frontières