dans Réappropriation de l'Espace Public

La pub, Hulot et EELV

Suite au premier billet que j’avais écris le 13 janvier dernier intitulé « Nicolas Hulot, le candidat du greenwashing ? », il était impossible de faire l’économie d’un second billet maintenant que ce dernier semble disposé à construire un discours politique.

J’ai écouté son interview de déclaration de candidature sur terra éco, et je ne peux m’empêcher d’éprouver de la sympathie pour cet homme sincère. Sincérité est le premier mot qui me vient à l’esprit pour qualifier la candidature Hulot, dépolitisation est le second.

Sur les 30 ou 40 minutes d’interview, j’ai eu l’impression d’avoir à écouter une confession. « Oui, c’est vrai, je confesse, EDF a bien financé ma fondation, oui, c’est vrai, je gagne beaucoup d’argent par l’intermédiaire de TF1, oui c’est vrai, j’ai évolué sur le nucléaire… »

J’ai été très déçu qu’il n’en profite aussi pour clarifier ses liens avec JC Decaux.

Et sur le fond ? « Heu, bon, pour l’économie, heu, comment dire… J’en sais rien !!! » Je caricature à peine.

Pendant ce temps, des propositions concrètes et fruits de nombreuses années de réflexions militantes du terrain, avec pour horizon la formation d’un plan de transformation global de la société est en train de se construire.

Certes, Nicolas Hulot est apprécié et à de nombreux fans grâce à son talent d’animateur et sa visibilité sur TF1. C’est une star du petit écran et à ce titre sa cote de sympathie est importante. Mais est-ce que la sympathie des français suffit ? Je n’en suis pas sur, d’autant que sont attendues des prises de positions sur des sujets à controverse. Nicolas Hulot a beau fustiger le manichéisme de la droite et de la gauche, ce que je partage, il ne suffit pas de dire « Les 35h, l’idée était pas mal mais y avait aussi des effets pervers » pour se construire une politique. A moins de faire du Royal, mais on a vu que la formule n’était pas très heureuse.

La transformation de la société dans le contexte environnemental et social actuel requiert un peu moins d’indécision et un peu plus de clarté. Pour ma part, je me demande toujours ce que Nicolas Hulot pense de l’affichage publicitaire alors même qu’une motion d’une importance capitale pour le congrès a été proposé par Charlotte Nenner (Résistance à l’Agression Publicitaire) et Nicolas Hervé (Déboulonneurs).

j’ai toujours en tête cette affreuse déclaration…

De la pédagogie naîtra un meilleur respect pour la nature dans toute sa diversité. L’affichage nous offre une occasion unique d’interpeller le plus grand nombre.

CF, les testimoniaux de JC Decaux

Pourquoi affreuse ? Alors oui, Nicolas Hulot pense sans doute à faire triompher la cause écologiste par le matraquage publicitaire. Mais c’est justement ça le problème, le système publicitaire, pas le message en tant que tel. Bien sur, les messages publicitaires sont là pour assurer le maintien des dogmes consuméristes qui nous pousse à la surconsommation et le gaspillage des ressources mais le problème se situe à un autre niveau également.

La liberté de réception est bafouée 2000 fois par jour et la pub devient une pollution urbaine banalisée comme le bruit des voitures ou l’omniprésence du bitume. Face à cette pollution, on ne peut faire l’économie d’une écologie des signes, pour soulager le paysage de ces affres et retrouver la beauté de l’architecture dans les villes ou les verdoyants paysages de campagne.

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  1. Je trouve que tu fais une fixette sur ce sujet de l’affichage publicitaire, qui est important certes, mais n’est pas non plus capital… Hulot a des idées intéressantes, et même si JC Decaux utilise une petite citation de Hulot pour sa publicité, ce n’est pas un drame. Qui sait, il a peut-être changé d’avis depuis 🙂

    Il faut plutôt voir son discours sur des sujets plus globaux : économie, social…

  2. Justement, ce discours est inexistant. Et effectivement, je fais une fixette sur ce sujet qui est pour moi un préalable. La question c’est quel type d’espace public veut-on ? Est-ce qu’on veut un espace public envahit par la publicité et pensé pour être un lien de transition où le lien social et l’écologie sont abonnés aux grands absent ou est-ce qu’on veut se réapproprier l’espace commun et redonner de la vie à nos quartiers, à nos rues, à nos campagnes… C’est ça l’enjeu.

  3. Bof, quand on est citoyen engagé à mon sens on s’intéresse pas trop à la présidentielle car de toute façon c’est la chasse gardée du complexe militaro-industriel français et ça ne change pas grand chose.

    Par contre il y a un silence médiatique assourdissant sur l’élection où le peuple français choisit ses représentants, ce qui fait partie des droits de l’homme (article 21.3).

  4. @beo : quelle perte de confiance dans les politiques ! Et si tu fais allusion aux élections présidentielles, je trouve au contraire qu’on en parle trop.

  5. Non, les représentants du peuple c’est les députés.

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  • Tout est toujours question de programme | 100 000 V 21 mai 2011

    […] cette déclaration ridicule, d’autres pensent qu’elle discrédite le mouvement écolo, ou que le personnage n’a pas la carrure. Ces gens, ce sont des blogueurs politiques, qui étudient, commentent et analysent la politique […]