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Facebook et l’industrie du web social, un échec financier ?

Facebook ne trouvera pas de modèle économique à moyen terme pour être profitable, c’est l’idée que développe Fred Cavazza sur mediasociaux.com

Les entreprises du web2 étaient déjà fragile, la crise vient appuyer cette tendance. Seesmic a licencié la moitié de son équipe, Facebook a déjà épuisé les 500 millions de dollars levés cette année, Twitter est toujours à la recherche d’un modèle, certains services ferment… Bref, le tableau n’est pas brillant.


Pourquoi les entreprises du web ne sont-elles pas rentable ? A qui la faute ? Est-ce le format qui n’est pas adapté ? Est-ce parce que les utilisateurs sont trop pingres ou trop emprunt de « culture de la gratuité » ? Les entrepreneurs s’agitent et se posent toute sorte de question concernant la pérennité de leur business. Il semblerait qu’un service s’en sorte plutôt bien financièrement, et il s’agirait de wikio. L’équilibre financier aurait été atteins. Cela veut dire que les recettes couvrent les dépensent, un exploit ! Certains commentateurs restent cependant septique.

Alors, le marché n’est-il pas encore assez mature ? Les internautes pas assez nombreux… ?

J’ai beaucoup de respect pour ces aventuriers, ces innovateurs du web que sont les entrepreneurs web2 comme on dit. Souvent ils créent des services innovants et très utilisés par les internautes. Facebook est une très grande réussite en matière d’expérience de l’utilisateur, Twitter est une bombe monumentale qui réinvente la communication spontanée, Netvibes révolutionne la navigation sur le web… Mais ce succès rapide et leur utilisation massive ne rapporte pas suffisamment aux entreprises qui les maintiennent et les développent.

Je vois trois coûts majeurs: l’innovation, l’entretien et le développement des serveurs, les problèmes juridiques liés à la protection des données personnelles et la propriété intellectuelle.

Il me semble que pour beaucoup l’erreur fatale a été de trop investir trop vite. Certes, il est important de suivre la cadence pour permettre à un maximum d’utilisateur d’adopter le service, mais qu’en est-il de la rentabilité ? Le réflexe a été: on investit à fond maintenant, on rentabilisera après. Mais c’est quand après ? Nul ne le sait.

Sur internet, il n’est pas nécessaire de répandre de l’argent à tout va pour créer. Les meilleurs logiciels ont coûté 0€ à la production. Prenez Linux. Aujourd’hui, créé le noyau d’un nouveau système d’exploitation serait de la recherche fondamentale et se chiffrerait en milliards d’euros.

Internet est un immense espace où s’est développé la culture du don. Les entrepreneurs au sens classique sont bien plus imprégné de la culture capitaliste qui consiste a l’accumulation du capital économique, et, selon moi, ils n’ont su l’utiliser suffisamment.

Ma théorie est que les entrepreneurs ont été acculturé par le web mais pas assez radicalement pour parvenir à en tirer des bénéfices.

Les internautes ne sont pas des avares, au contraire, ils donnent énormément, ils aiment ça. Ils apportent leurs compétences, leurs expertises, leurs opinions, bref des productions intellectuelles très variées.

Le web est social par essence. C’est ce capital que les entrepreneurs doivent exploiter pour parvenir à créer une activité. Pourquoi tout dessuite investir pour développer une application ? Il est possible de créer un projet libre communautaire avant de se lancer dans une aventure financière. Cela ne coûte pas un centime et l’entrepreneur peut potentiellement mettre à contribution le monde entier. L’audacieux saura se servir de cette opportunité qui lui permettra de réduire drastiquement ces coûts de développement. Bien sur, cela impose un sacrifice qui semble terrible pour le capitaliste avertit: libérer le code.

On a pas l’habitude de faire de cadeaux aux consommateurs… Sauf qu’il n’y a de moins en moins de consommateur sur internet mais de plus en plus de prosommateurs. Et pour les attirer, il faut se montrer généreux.

Je ne prétend pas connaître le business modèle qui fonctionne -et je me demande même s’il y en a un-, mais j’ai la certitude que dans une culture de don il faut donner plus pour recevoir d’avantage. Il faut donner de son temps et non de son argent. Le temps n’est pas de l’argent mais un investissement social.

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  1. « Le réflexe a été: on investit à fond maintenant, on rentabilisera après. Mais c’est quand après ? Nul ne le sait. »

    Billet très intéressant, bravo !

    Il conduit à creuser (une fois de plus, mais il reste à faire) l’économie de la gratuité.

    Que trouve-t-on en gratuit ? Un peu de tout, mais en quantités inégales. Énormément de critiques et de réactions d’humeur. Beaucoup d’idées. Pas mal de conception cohérente. Un peu de réalisations pilotes, d’oeuvres d’art, de prototypes. Très peu de suivi. Presque pas de maintenance évolutive.

    Si on conçoit un truc génial (comme trailguru, ma dernière découverte spéciale VTT/cross/montagne), on est aussitôt débordé par les utilisateurs, la diversité de leurs demandes et des bugs potentiels.

    Comment suivre ? Peut-être en trouvant une déclinaison du même produit pour « public restreint mais fortuné » (c’est ce qu’essaye l’auteur de l’excellent iGTD).

    Mais il est certainement difficile et rare de réussir le passage d’un marché gratuit de masse à un marché de masse rémunérateur.

  2. « Mais il est certainement difficile et rare de réussir le passage d’un marché gratuit de masse à un marché de masse rémunérateur. »
    Le web est en plein boom et on est a milles lieu de relever le défis !
    Un business modèle qui me semble réaliste sur le long terme est celui d’ubuntu – canonical de Mark Shuttleworth.
    La distribution Linux est en pleine expansion (normal face au déchet windows) et canonical vend des supports professionnels aux entreprises. Il faut dire que Shuttleworth a investie énormément d’argent dans ce projet et qu’il en a les moyens. Mais il y a des initiatives plus modeste comme les auteurs du logiciel libre Drupal qui se dirige dans la même voix. Mais eux, ils ont été encore plus malin. Car dans le succès de Drupal, il y a été investie 0 € en matière de développement et ils sont déjà en train de développer la version 7. Vu sa très forte utilisation dans les milieux éditoriaux professionnels, je ne serais pas surpris que la boite atteigne une rentabilité rapide.

    Ce serait un comble que seul les entreprises participant au développement d’un logiciel libre puisse être rentable, non ? C’est pourquoi je pense que les entrepreneurs web ne sont pas encore assez acculturé pour atteindre la rentabilité.

    Bon, il va falloir encore attendre quelques temps pour connaître les résultats de ce modèle.

  3. … J’ai oublié de citer « France démocrate » comme exemple de produit assez bien conçu (pas plus de 8 jours passés à la conception, graphisme + développement + architecture, avant le go live, et il marche toujours sur l’architecture initiale) … qui a attiré pas mal d’intérêt (moyenne de 500 à 1000 visiteurs / jour) et de bonnes volontés (>100 auteurs) mais dont l’économie reste à ce jour improbable – car peu de gens ont suffisamment envie d’être éditeurs-correcteurs bénévoles, ou de faire bénévolement la maintenance évolutive des fonctionnalités et du squelette spip.

  4. la gratuité est effectivement un problème. elle est synonyme de liberté et de lutte contre des entreprises qui ont voulu imposer des monopoles.

    De plus il faut prendre en compte que le marché de la pub est en pleine crise. les médias écrits et radiophoniques la subissent de plein fouet, la télévision commence a être touchée.

    le web tue en partie les médias classiques qui voient leur audiances fondre, d’ou elles sont de moins attractives pour pour un marché publicitaire en difficulté.

    le web pour l’instant ne semble pas convaincre les publicitaires d’ou les acteurs ont du mal a être rentable.

    la question à se poser pour les internautes qui ne veulent pas passer à la caisse est de savoir jusqu’a quand le tout gratuit va être compatible avec liberté……

  5. @Europium

    Un exemple, tous les logiciels que j’utilise n’ont pas coûté un euro à produire.

    Souvent, on fait de l’argent une fin, alors qu’en réalité ce n’est qu’un moyen.

    Liberté et gratuité n’ont rien à voir à mon sens. Le plus important est que tout le monde puisse accéder à des ressources intéressantes.

  6. imagine que tout le monde utilise des logiciels gratuits, que deviennent les entreprises et leurs employés….

    j’insiste sur le fait que de nombreux médias ont une partie de leur économie basée sur la publicité. est-ce que par exemple il sera possible d’avoir un média fiable sur le web?

    Je ne suis pas opposé au tout gratuit, je pose juste la question de la limite du tout gratuit.

    l’argent est certes un moyen…. mais le tout gratuit n’est pas non plus une fin en soi. tu parles toi-même de la rentabilité de certains concepts…..

  7. « j’insiste sur le fait que de nombreux médias ont une partie de leur économie basée sur la publicité. est-ce que par exemple il sera possible d’avoir un média fiable sur le web? »

    Oui, et le modèle n’est pas bon.

    Imagine que plus personne n’ai besoin d’acheter de logiciel. Alors plus personne n’a besoin de dépenser de l’argent pour, et donc d’en gagner.

    Soyons clair, je ne suis pas pour le tout gratuit. Je suis pour la culture du dons, ce qui est tout à fait différent. Les ressources libre comme wikipedia fonctionnent parce que les gens donnent. Même le logiciel libre a besoin de ressource économique.

    « l’argent est certes un moyen…. mais le tout gratuit n’est pas non plus une fin en soi. tu parles toi-même de la rentabilité de certains concepts….. »
    3 fois oui. Il faut que les gens qui créé puisse vivre. Si les internautes ne leur en donne pas les moyens, alors la création se tarira. C’est pourquoi ils le font. Regarde wikipédia.

    Logiciel libre est différent de gratuit. Rien n’est gratuit, tout se paye d’une manière ou d’une autre. Sais-tu qu’un logiciel libre peut-être vendu ? Mais quand on achète du logiciel libre, ce n’est pas par contrainte de rareté mais engagement citoyen ou attachement matériel.

    Admettons que les ressources immatérielles deviennent entièrement libre. Quelles se créées d’elle même parce que la culture du dons sur internet devient de plus en plus importante… Cela signifie pas que les capitaux économiques ne circuleront plus, ils seront juste moins important. Par contre, les échanges sociaux seront bien importants et cela viendra compenser l’aide au développement des initiatives.

    La production immatérielle a moindre coût permettrait aussi de réduire les coûts de certaines productions matérielles… Par exemple, si les modèles de micro-ondes sont libérés. Alors il ne restera plus que les coûts de fabrications.

    Et si la logique du web venait à influencer les comportements dans la production physique ? Connais-tu le concept de micro-usine ? Il s’agirait d’une espèce d’imprimante 3 D que tu charges en matière plastique et qui te sors des objets que tu créés toi même. Cela fait un ou deux ans que ça existe, encore trop chère pour le grand public mais les prix ont déjà bien baissé.

    Je suis certain que ça n’ira jamais aussi loin que dans l’immatérielle pour la simple et bonne raison que si tu créé un pain, une fois que tu le donne, tu l’as plus. C’est l’abondance qui permet à la culture du dons de se développer.

    Je vais penser à écrire un article plus approfondis sur la culture du dons dans ces jours prochains.

  8. Tout en pensant que les recettes publicitaires ne sont pas inépuisables… mais que le nombre de supports possibles est lui en pleine expansion. Il y a plus de personnes autour de la table et le gâteau est toujours le même.