Appel à mobilisation pour une réglementation de la publicité exigeante à St-Quentin-En-Yvelines !

Cher-e-s ami-e-s de SQY et des alentours, ceci est un appel à participation.

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Jusqu’en décembre 2014, la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-En-Yvelines ouvre une concertation public afin de préparer le plan local d’urbanisme intercommunal. Il est fort à parier que le Règlement Local de Publicité Intercommunal n’est pas loin !

Mettons en place une règlementation exigeante et exemplaire en matière d’affichage publicitaire à SQY.

L’affichage doit être contenu pour préserver nos paysages, remis au service du citoyen et des petits commerces de proximité, réduit dans sa dimension afin que les messages véhiculés, souvent néfastes, ne soient pas imposés aux St-Quentinois-e-s. La vente du temps d’attention des habitants aux annonceurs ne doit plus être un moyen pour les municipalités de réduire les couts du mobilier urbain. Les écrans publicitaires sont une aberration écologique et une agression visuelle sans précédent, nous devons à tout prix empêcher leur installation.

Le libre accès à l’information, oui ! Le conditionnement mental, non !

Une réunion de coordination de la mobilisation pour un RLPI exigeant sera organisé courant décembre. Elle associera acteurs locaux et associations nationales dans le but d’organiser la pression.

 

 

Quelques actions simples que chacun-e-s peut réaliser dès maintenant.

  • Demander le RLP de sa ville et le partager (Tous sauf Guyancourt et Élancourt que nous avons déjà; accessible sur demande pour le moment.)
  • Faire une synthèse du RLP de sa ville. (Sauf Guyancourt et Élancourt, c’est déjà fais.)
  • Prendre des photos des panneaux publicitaires près de chez vous avec le GPS activé et me les envoyer. Cela permettra de cartographier les panneaux à St-Quentin et dresser des comparatifs par territoire.
  • Relayer cet appel à votre réseau.
  • Bloquer le début d’après-midi du 23 novembre sur votre agenda pour participer à une manifestation public contre les écrans publicitaires à SQY.
  • Prendre contact / m’offrir une bière : antonin@moulart.org

 

Emergence des mouvements sociaux multi-situés, vers une révolution universaliste pour dégager les oligarques ?

We-are-the-99-percent_Occupy-TogetherLes femens sont rentrées chez elle après plusieurs semaines de détention dans une prison Tunisienne. Inna aura beau dire ce qu’elle veut, l’action des femens à Tunis en soutien à Amina a été mal mesurée.. Les femens se considèrent comme des soldats, mais un bon général ne sacrifie pas ses troupes pour la gloire. Bien que l’objectif stratégique du groupe d’activistes demeure nébuleux, l’ennemi idéologique est lui bien identifié: la religion et le patriarcat. Les femens considèrent les religions comme un ennemi universel assurant la domination masculine sur l’ensemble de l’humanité. Dans bien des cas, il est difficile de leur donner tort sur ce constat.

Le mouvement se déploie mondialement dans des contextes locaux parfois inattendus et il répond à une nécessité en même temps de construire socialement cette même nécessité localement. L’action directe symbolique sort du territoire par l’intermédiaire des médias de masse et de l’internet, générant tout un tas de propagande et de contre-propagande, elle installe le débat dans des sociétés qui ne perçoivent pas l’événement de la même façon. L’enjeu est l’opinion mondiale.

Laissons les Femens un instant. Mais où est le pouvoir aujourd’hui ? Au niveau national ? Y a-t-il seulement une poignée de naïfs pour le croire ? Peut-on encore concevoir des politiques nationales alors que l’information produite d’un bout à l’autre du monde est accessible sur l’inter réseau au même moment ? Avec la disparition de l’état providence et l’affaiblissement de l’état nation, la séparation entre le pouvoir politique et la nation est actée. Les évolutions techniques ont mis en réseau une partie non négligeable de l’humanité et la diffusion des idées est de moins en moins rattachée au territoire géographique.

La socialisation et la construction des mouvements sociaux ne se fait plus uniquement à l’échelle territoriale et c’est une bonne nouvelle car la clique de décideurs qui dicte multilatéralement le mode de vie des peuples est organisée depuis plus de cinquante ans à l’échelle mondiale autour d’une même idéologie.  Sans doute peut-on remonter à bien avant, car la possibilité de nouer des alliances au-delà des frontières a toujours été un symbole de puissance.Les mariages de la noblesse au cours du premier millénaire étaient déjà un réseau organisé à l’échelle mondiale ou au moins européenne. Les cours de rois européennes étaient de véritables auberges espagnoles de la noblesse.

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Je dis bien au niveau mondial et non au niveau international. L’internationalisme est une conception politique où les frontières ont encore un sens et les nations parlent entre elle parce que les pouvoirs nationaux existent. Qu’en est-il aujourd’hui ? Le mondialisme est né une première fois avec l’accélération des flux de capitaux, de marchandises et de personnes. Peut-être est-il en train de naître une seconde fois avec la création d’un territoire informationnel mondial que l’on appelle internet, enjeu de toutes les luttes de la part des états, le lanceur d’alerte Edward Snowden en fait les frais.

On l’a vu avec « occupy » et les indignés ou encore Anonymous, la mise en réseau par le biais de l’internet donne naissance à des mouvements politiques multi-situés. Partageant une même doctrine, les membres d’un mouvement peuvent se situer dans n’importe quel pays presque indépendamment du contexte culturel géographique.

Pour en revenir aux femens, les cas d’Amina (Tunisie) ou Aliaa (Egypte), sont saisissants en raison du décalage entre l’acte politique de la jeune femme et le contexte culturel de son territoire. Bien sûr, la révolution Tunisienne est passée par là et a permis aux esprits de se libérer d’un certains nombre de carcans mais la jeune femme s’est tout de même heurtée aux conservatismes de la culture locale qui reste très influencée par l’interprétation religieuse. Les deux européennes qui sont venues se « sacrifier » en soutien à Amina montre à quel point l’espace politique national parait désuet aux yeux de ses jeunes femmes. Certains pourront arguer que leurs actes sont teintés d’intention colonisatrice, il me semble pourtant que les femens ont démontré par leurs diverses actions dans le monde qu’il ne s’agit pas seulement d’un truc d' »occidental ».

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La religion musulmane s’exporte d’ailleurs très bien et est elle aussi multi-située à l’image des mouvements sociaux à vocation universaliste. Les vidéos de propagandes sont légion et traduites en toute les langues, il est très facile pour n’importe qui ayant une sensibilité sur le sujet d’accéder à ces vidéos de prêcheurs, parfois déjantés, et de se laisser embrigader.

Les revendications des groupes multi-situés universalistes vont souvent être ressenties comme une agression culturelle quand ces dernières sont idéologiquement trop décalées par rapport au contexte local, elles vont parfois favoriser des mouvements de réactions d’une grande intensité. Les critiques ont jasé sur les femens aussi bien chez les conservateurs Français que dans les groupes religieux du monde entier. Mais une petite graine va tout de même être semée dans ce terreau hostile, et les vents de l’histoire sont imprévisibles, qui peut dire si ce futur arbre ne va pas être capable de s’enraciner ?

Cela fait déjà un bon moment que la propagande des trans-nationales sévit dans les pays du monde entier, par le biais de la publicité notamment et les médias de masse (qui vivent de la publicité), mais aussi par des jeux d’influences subtiles et complexes qui ont uniformisé un certain nombres de valeurs, pour le pire comme pour le meilleur. La première critique que l’on a fait à la « mondialisation », à raison, est l’uniformisation du monde et la destruction des cultures locales. Un grand exemple de réussite au Mexique où le coca-cola est devenu la substance d’un rituel religieux…

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La propagande domestique l’opinion en prescrivant des représentations et des comportements à la population locale, ainsi les grandes industries s’installent et prospèrent en transformant leur produit en un élément de la culture locale. Ce phénomène savamment orchestré par les oligarques a une réalité mondiale et un individu ou un groupe quel qu’il soit qui n’aurait pas accès à l’inter-réseau pâtirait d’un manque informationnel certain certains pour être en mesure d’analyser ce rapport de domination.

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40 % du budget mondial de la publicité représente 64 annonceurs, 64 décideurs économiques qui vont décider de ce que la population mondiale va recevoir comme messages au quotidien. Qui plus est des messages qui vont s’imposer directement à l’opinion sans intermédiaire et sans traitement critique ou débat. Il n’y a pas façon plus efficace et autoritaire de forger les représentations et gagner l’opinion… Sans compter le fichage généralisé que le système publicitaire s’est acharné à mettre en place ces dix dernières années par l’intermédiaire des cartes de fidélités ou des services en ligne.

Ce système publicitaire dévoué aux oligarques a une conscience de nous qui sommes plusieurs milliards d’humains que nous n’avons pas d’eux qui ne sont qu’une poignée. Surveiller les surveillants, détourner leurs vecteurs médiatiques et débusquer les contre-vérités est plus que jamais un impératif en vu d’amorcer un cadre informationnel propice à un  changement idéologique mondial.

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Les scandaleuses dépenses publicitaires de Renault

Alors que Renault rencontre des difficultés financière de plus en plus importante, le gaspillage va bon train ! Plus de 382,2 millions d’euros dépensé en matraquage publicitaire en 2012. Plutôt que d’investir son argent pour construire l’image d’une société responsabvoiturele respectueuse des droits de ses salariés, Renault fait, plus que tous les autres constructeurs Français, dans le matraquage publicitaire.

De la même façon que la course à l’armement, le défis est moins de rendre visible un produit que de le rendre plus visible que celui des concurrents. Ainsi, le marché publicitaire est dans une dynamique de perpétuelle expansion  et aucune limite n’est imposée par le législateur malgré la pression grandissante exercée sur le consommateur. Bien entendu, ce budget publicitaire ne sort pas de nulle mais directement de la poche du consommateur lors de l’achat. Sur chaque voiture Renault, 675 euros de son prix en moyenne sera consacré à notre harcèlement quotidien.

Les budgets publicitaires augmentent malgré la morosité de l’industrie automobile et la guerre  publicitaire continue à faire rage. Il « faut » trouver un moyen de réduire les couts puisque le législateur ne fait rien pour changer les règles du jeu et que le seul moyen de survivre c’est d’être plus visible que le concurrent. Renault a eu l’idée fantastiquement cynique d’utiliser le sol comme support publicitaire ! A St-Quentin-En-Yvelines, l’exemple est criant, sans aucune autorisation légale, Renault a tagué le sol St-Quentinois pour faire sa pub. Cette opération qui leur a sans doute couté très peu d’argent n’a aucunement été condamné par la CASQY pourtant responsable de l’espace pollué.

Lorsqu’un annonceur achète un espace sur un panneau publicitaire et privatise l’espace visuel public, c’est une agression. Mais lorsque ce dernier tague le sol sans aucune autorisation de la communauté d’agglomération sans payer aucune taxe extérieur, c’est carrément un viol ! Lorsque l’on regarde autour de soit dans l’espace public, nous tombons souvent nez à nez avec des panneaux publicitaire, et maintenant grâce à Renault, lorsque nous regardons nos pieds nous tombons aussi nez à nez sur de la publicité ! Alors, où sont nos libertés public dans tous ça ?

Sous l’impulsion de l’association Icare, Résistance a l’Agression Publicitaire et le Collectif de Réappropriation de l’Espace Public, demain à 10H00 une action aura lieux pour nettoyer cette pollution visuelle. Parce que la perpétuelle sollicitation de notre attention par la publicité sans notre consentement est un déni de notre liberté de réception, il est urgent d’agir.

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La nuisance de la publicité: une réalité mondialement partagée

Dans les rues, à la télé, dans la presse, sur internet, sur les vêtements, dans les films, les jeux vidéos… La publicité est dans l’air que nous respirons, partout dans le monde, dans tous les pays. Le mouvement de contestation de la publicité n’est pas une exception Française; de nombreux mouvements se sont construits au cours de ces 20-30 dernières années partout dans le monde, avec leurs spécificités, dans le but d’organiser une résistance à ce système prédateur au service d’une poignée de décideurs économiques et politiques.

La publicité actuelle est prédatrice parce qu’elle est créée par des humains pour se nourrir d’autres humains. Pour cela, elle articule trois types de prédations qui ne sont communément pas soupçonnées mais qui ont pourtant une influence sur nos comportements aussi surement que un et un font deux.

La première prédation est son harcèlement par l’image. La publicité est imposée à la vue des personnes, par son omniprésence et sa taille, elle est faites pour cerner la personne et ne lui laisser aucune échappatoire. La personne est libre de ne pas la regarder mais elle est obligée de la voir, ce qui entraine son cerveau reptilien à stocker des données. Un trop plein de sollicitation peut entrainer ce que les scientifiques appellent « une surcharge cognitive ». Plus notre attention est sollicitée, plus nous devons utiliser de ressources cognitives pour trier l’utiles du superflu. Pendant ce temps, cette disponibilité d’esprit n’est pas utilisée au service de la compréhension et de l’analyse des messages reçus, ce qui nous y rend d’autant plus vulnérable car notre capacité réflexive est sapée. Les publicitaires appellent cela « le temps de cerveau disponible ».

La seconde prédation est son intrusion dans la vie privée des personnes. La publicité se nourrit de plus en plus de données personnelles afin de mettre en place le ciblage comportemental. C’est à dire, l’exploitation de la vie personnelle dans le choix du message et sa personnalisation. Le ciblage comportemental donne le pouvoir à la publicité d’exploiter des ressorts affectifs et moraux dans un but manipulatoire. Ces données sont récoltées sur internet, dans la rue, par le biais de votre téléphone portable ou lorsque vous utilisez votre carte de crédit, ou par tout autre objet technologique que vous croiseriez ou actionneriez et qui serait muni d’une fonction de collecte de données. Ces masses de données (big data) ne sont pas seulement utile à la sphère marchande, elles sont parfois rachetées par des organismes publics (comme la NSA) ou alors des accords d’accès sont conclus entre les états et certaines entreprises dans le cadre de politiques sécuritaires.

La troisième prédation est la volonté nouvelle des publicitaires de créer des sectes de consommateurs. Les multinationales construisent à travers la publicité une histoire faussement authentique pour des produits industriels qui n’ont que la froideur des usines automatisées comme authenticité de fabrication. Cette démarche n’est pas nouvelle, la publicité cherche à vendre depuis bien longtemps un idéal de vie à travers les produits. Aujourd’hui les publicitaires conçoivent le consommateur comme le vecteur de cette propagande, « ambassadeurs de la marque » dans leur jargon. Le consommateur va produire des contenus vantant la marque qu’il va partager sur les réseaux sociaux avec ses amis. Par ces contributions, le consommateur va chercher à gagner des bons de réductions ou des cadeaux et surtout la reconnaissance de la communauté.

Ces trois prédations sont mises en œuvre de façon globale. Sur tous les continents, dans tous les pays, nous avons des espaces publics privatisés par la publicité, nous partageons le même internet et faisons face aux mêmes lobbies publicitaires qui changent la loi pour étendre leurs affaires. Une seule réponse est possible: l’union de toutes et tous à travers le monde contre ce système de manipulation et de gaspillage !

Participez ! Agissons !

http://mondialisons.antipub.org

Poursuivre notre action contre le système publicitaire

Hier, en compagnie de prévenus au procès du 8 octobre, j’ai reçu le verdict. Sévère, la justice nous a condamnée à payer les sommes suivantes: une amende de 100 ou 250 euros (selon leur état de récidive), à 590,92 euros, solidairement, de dommages et intérêts à Métrobus (frais de nettoyage), à 150 euros chacun de frais irrépétibles, à 1 euro , solidairement, à la RATP (préjudice moral), à 1 euro symbolique, solidairement, à Métrobus (préjudice à l’image).

Nous n’attendions pas grand chose étant donné la façon dont s’est déroulé le procès mais c’est loin d’être un échec. Nous avons ouvert le débat sur le danger des écrans publicitaires et de très nombreux citoyens se sont manifestés pour afficher leur soutien. Je peux vous assurer que les désobéissants à la publicité sont très reconnaissant et fier d’être soutenus si vaillamment et avec constance par des citoyens, nombreux, qui ont compris que la désobéissance civile était devenue une nécessité face à un système publicitaire surpuissant qui écrase tout sur son passage. Nous en appelons une nouvelle fois à votre générosité pour couvrir nos frais d’avocats. Il nous manque environ 2000€. Vous pouvez envoyer un chèque à l’adresse suivante : La Teinturerie – 24, rue de la Chine – 75020 Paris (en précisant qu’il s’agit d’un don adressé en soutien des déboulonneurs) ou bien donner en ligne.

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J’ai tout assumé et je recommencerai si c’est nécessaire

Avant hier je suis passé au tribunal pour avoir désobéi à la loi et « dégradé » un écran publicitaire avec les 5 autres prévenus Yvan, Raphaël, Yann, Romain et Vincent. Nous étions assignés à la 16e chambre correctionnelle du TGI de Paris. De nombreux sympathisantes et sympathisants étaient venus nous soutenir. Nous sommes réellement touchés par vos soutiens si nombreux. Que ce soit par vos messages sur internet ou tous ceux et celles qui ont pris une après midi pour venir nous soutenir, ça fait vraiment chaud au cœur. Et surtout, nous sommes triste que seules quelques personnes aient pu entrer dans la salle… Malheureusement, ça ne dépendait pas de nous.

Avant l’audience, nous avons eu une heureuse surprise. Le répondeur téléphonique d’Yvan a reçu un message de soutien d’un grand penseur, Edgard Morin. Philosophe et sociologue, Edgard Morin est un penseur de la complexité. Je vous laisse l’écouter:

Edgard Morin soutien aux déboulonneurs

Notre procès a commencé très fort. Dès le départ, la RATP est venue s’ajouter à la partie civile en nous réclamant un euro symbolique. Nous avons été longuement interrogés par Madame la juge qui n’a cessé de nous couper, de nous diminuer dans la légitimité de notre action, nous reprochant notamment de ne pas pouvoir démontrer scientifiquement les effets néfastes de la publicité sur la société alors que nous sommes de simples citoyens. L’ironie de la situation est que nos témoins spécialistes Mehdhi Khamassi (Chercheur en Neuroscience au CNRS) et Thomas Guéret (spécialiste en sobriété énergétique) ont eu très peu de temps pour faire part de leur expertise. Après nos interventions pour convaincre la juge du danger immédiat des écrans publicitaires pour la société et l’environnement, notre avocat Nicolas Gallon a brillamment plaidé l’état de nécessité. Poursuivre la lecture

Oui monsieur le juge, j’ai désobéi aux écrans pub, j’assume tout !

Aujourd’hui, je passerai au tribunal de grande instance de Paris. C’est la première fois de ma vie que j’ai à faire à l’autorité judiciaire et à la justice. Je n’ai pas l’ombre d’une honte à être traduit en justice, à dire vrai, je revendique mon geste et je crois que nous devrions être plus nombreux à passer devant la justice pour les faits qui me sont reprochés. Mais au juste, qu’est-ce que j’ai fait ? La raison pour laquelle je suis prévenu est la suivante : « Détérioration ou dégradation de mobilier urbain ».

Oui, le 28 janvier 2011, sur un écran publicitaire espion j’ai écrit à la bombe de peinture rouge « Non à l’opacité technologique dans l’espace public ». C’est ce que j’ai dit au policier qui m’a amené au commissariat après l’action. C’est ce que je dirai au juge tout à l’heure dans la salle d’audience. Les écrans publicitaires espions doivent être désinstallés. Ai-je peur ? Suis-je inquiet de la décision qui sera rendue ? Un petit peu, mais ce n’est pas cela qui est important. Ce qui est important c’est « pourquoi ? ». Cet acte était-il fondamentalement nécessaire ? Et si oui, pour quelles raisons ? Poursuivre la lecture