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Faire de la Politique Autrement contre Hadopi ?

Le projet de loi HADOPI 2 vient tout juste d’être adopté cet après midi au parlement. Il s’agit une nouvelle fois d’un projet visant à mettre la justice au service du lobbys des industries culturelles dont le modèle économique est complètement chamboulé par les mutations technologiques. Ces acteurs économiques de premières importances, dans les confidences du pouvoir politique, pensent que tout leur est dus et que la république peut être taillée sur mesure en fonction de leurs intérêts immédiats, quitte à violer la constitution.

Plutôt que de prendre le temps de la réflexion sur l’évolution des droits d’auteurs à l’ère numérique, les dinosaures à la tête de cet empire monopolistique se crispe dans leurs sièges et jouent la carte de la répression. Alors qu’Hadopi 1 avait été censuré par le conseil constitutionnel, Hadopi 2 revient un peu différent dans sa forme mais identique dans son fond. La mission du gouvernement va être de faire passer la pilule aux vieux du conseil constitutionnel. En Sarkozie, le respect des aînés, voire le respect tout court, n’est pas très valorisé.

Une génération entière est en train de se politiser face à un gouvernement incapable d’appréhender les nouveaux enjeux numériques. Cette nouvelle génération de politique s’organise en réseau loin des partis et pratique la politique autrement. Ils donnent leur point de vu, débattent, écrivent à leur député et suivent l’actualité de très près en citoyen conscient et engagé. Ils sont sur les forums de discussions, les blogs, Facebook, twitter et les autres réseaux sociaux. Bien souvent ni de droite ni de gauche, les clivages politiques traditionnels n’ont pas vraiment d’importance mais ils ont en commun une idée et un objectif: la défense des libertés numériques et la libre circulation de la culture. Ces humanistes sont également nommés pirates, libristes voire anonymous. La cuisine politicienne ne les intéresse pas, ce sont des connecteurs qui se battent ensemble dans un mouvement social globale, les idéologies passéiste leur importe peu.

Le Mouvement Démocrate, ni aucun autre parti politique, n’a entamé de démarche de rassemblement des acteurs défendant les libertés numériques. François Bayrou était le premier homme politique a avoir vraiment capté l’attention des médias citoyens et de la communauté du logiciel libre. Il n’a pris position contre Hadopi qu’après le combat et n’a pas su faire de contre proposition crédible. Pourtant les démocrates ne manquent pas de solutions intelligente mais le parti, par son manque de collégialité et son incapacité à exploiter l’intelligence collective, n’a pas pu tirer profit de ses prédispositions. Paralysé par sa structure de parti, son processus de décision pyramidale, la réactivité a été nulle et la réaction pas crédible pour un sous…

Alors oui, faire de la politique autrement est possible. Ça commence aujourd’hui, au quotidien, en tant que citoyen conscient des enjeux de la cité. Exprimez-vous, débattez, prenez position et participez à la vie démocratique, rassemblons-nous loin des appareils et des clivages passéistes. Nous ne sommes ni de droite, ni de gauche et surtout pas du centre. Voilà l’essence de la politique autrement, celle que François Bayrou nous avait promis au soir du premier tour des présidentielles de 2007 rêveurs que nous êtions.

« La politique ne sera plus jamais comme avant »

Arrêtons de subir la politique, menons-là !

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  1. Vrai. Il y a notamment eu plusieurs tentatives de faire prendre conscience très tôt du problème que posait HADOPI au sein du MoDem. Ca remonte parfois à fin 2008/début 2009, avant même la première lecture à l’Assemblée Nationale de la première version. Aussi bien par les commissions démocrates que par les jeunes democrates il n’y a eu aucun résultat. Apparaître comme le chevalier blanc auprès d’une classe socio-professionnelle jeune, éduquée, relativement aisée, très ouvert politiquement (peu marquée par une quelconque notion clivage gauche-droite) me semblait pourtant être une stratégie politique intéressante.

    Mais je dois me tromper.

  2. Je partage la déception qui se lit dans ce post vis à vis du Mouvement Démocrate. Un début prometteur, se désignant loin des clivages et riche d’un réseau de militants, il a plié sous la pression des autres partis et des médias pour revenir au centre (admettant donc le droite/gauche) et oubliant ses militants pour faire vivre médiatiquement ses cadres.
    Peut-être devons nous finir d’achever le modèle actuel des médias grâce à internet avant de pouvoir proposer un nouveau parti, qui oubliera une bonne fois pour toute les recettes du passé.

  3. @Eberkut
    Tu ne te trompes pas mais les vieilles habitudes sont tenaces.

    @Rangueil
    Je pense que tu as raison.

  4. Tout à fait d’accord avec cette vision de la politique autrement.

    Reste à savoir comment décliner cela par rapport aux échéances électorales…

  5. Je suis 100% avec toi…Ancien membre du MoDem de juin 2007 à mai 2009…Je n’ai pas renouvelé mon adhésion pour 2010.
    J’ai eu un appel du pied pour rejoindre Dupont-Aignan, mais je n’ai rien décidé…Je suis indépendant 13 depuis longtemps…en fait depuis « e-soutiens »…Avant que la censure ne s’en mêle.
    Je t’invite sur mon blog pour le tube musical de la rentrée:
    http://modem-trets.blogspot.com/