Antonin MOULART Blogue d'un Guyancourtois engagé

27mar/1013

La cathédrale et le bazar en politique (version CoDem)

« La cathédrale et le bazar » est un texte original de Éric S. Raymond expliquant les méthodes de production du logiciel libre et de l'Open Source. La réflexion qui suit est une production librement inspirée par cette œuvre dont l'objectif est de reprendre les principes fondamentaux et de les traduire en terme de principes d'organisation politique.

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« Faire passer la politique du système propriétaire à celui du logiciel libre » n'est pas simplement une formule pour attirer la sympathie des « geeks ». Les cathédrales sont ces partis politiques vident où le silence, les dogmes et la hiérarchie règnent en maitre. Les bazars, foules grouillantes aux approches et rituels multiples, sont ces citoyens engagés organisés en réseau ayant l'outrecuidance de se ré-approprier la politique.

A l'organisation du blocage par la hiérarchie il faut opposer une organisation de la réactivité par l'horizontalité.

Le pire ennemi de la politique est l'immobilisme. Les partis politiques sont comme de vieilles pierres qui résistent au temps mais dont l'évolution s'est arrêtée. Une organisation horizontale libère les contributeurs de la validation systématique des prises de positions et propositions programatiques, accélérant ainsi le rythme de production et de diffusions.

Les sujets d'actualités sont multiples et touchent souvent des sujets complexes: il est impossible pour un ou deux représentants de couvrir tous les domaines. L'horizontalité permet à chacun selon ses spécialités de prendre position ou de produire un ensemble de propositions de manière intelligente.

Dans l'organisation bazar, si l'horizontalité peut créer la cacophonie lors de prises de positions contradictoire des membres d'un même mouvement, cela peut également amplifier l'effet médiatique et le nombre d'idées forces exprimées étant donné leur multitude.

Aux murs infranchissables des partis politiques il faut opposer l'ouverture aux citoyens et aux idées.

La diversité des idées et des personnes ne doit pas être perçue comme un frein, c'est trop souvent le cas dans les partis politiques où l'uniformisation est le but recherché. Au contraire, la diversité est le moteur de la construction car il incite à l'échange et contribue à l'enrichissement de chacun.

Les idées préexistantes qui marchent doivent être utilisées et adaptées si nécessaire. Il ne s'agit pas de réinventer la roue. Avoir des bonnes idées est aussi important que de reconnaître les bonnes idées.

Les partis politiques n'évoluent pas car le doute n'est pas autorisé. En effet, la vocation électoraliste interdit toute remise en question de l'action menée afin d'en maximiser la force d'influence. Pourtant, les solutions les plus innovantes arrivent bien souvent par la remise en question des approches.

A l'autorité des chefs il faut opposer la bienveillance des pairs.

Encourager les citoyens à s'engager, cela signifie laisser le libre choix des contributions. Quand la contrainte est plus légère, on travaille mieux et plus longtemps. La gratification des pairs encourage à persévérer et améliorer la qualité des contributions.

Déléguer un maximum pour impliquer un maximum de personnes. Plus les énergies sont nombreuses à se déployer utilement, plus l'œuvre commune progresse.

Le nombre est un atout. Plus les contributeurs sont nombreux, plus les problèmes sont rapidement détectés et la diversité des approches permet de les résoudre plus facilement. « Étant donné un ensemble de re-lecteur et de co-producteurs suffisamment grand, chaque problème sera rapidement isolé, et sa solution semblera évidente à quelqu'un. »« Loi de Linus » (quelque peu modifiée)

A la rigidité des appareils il faut opposer la souplesse d'une organisation intelligente

La structure organisationnelle doit être suffisamment bien pensée pour intégrer la participation de chacun. Des statuts de qualités doivent à la fois être simple, afin que chacun puisse se les approprier, concis et répondant aux besoins d'horizontalité et de coopération.

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Commentaires (13) Trackbacks (0)
  1. Bravo ! C’est la première fois que je lis un papier aussi clair et bien spécifié sur ce que serait une « politique autrement » dans la logique du libre.

    Evidemment, reste à voir si ça marcherait ; mais au moins, comme c’est bien spécifié, c’est testable.

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  2. evidemment, la vie est tétue, et cher ami, tous les partis ne se ressemblent pas. Que vos affinités concernent des partis qui ressemblent plus à des paniers de crabes ne veut pas dire que tous se complaisent dans les travers que vous pointez du doigt. ca s’appelle de la logique formelle. Ce que vous décrivez comme un processus sain et rigoureux a été défini il y a 150 ans par F. Engels et ça s’appelle le matérialisme dialectique. …. une novation comme on dit.

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  3. @Xiloa

    Mes affinités politique n’appartiennent à aucun parti.

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  4. Cet article me fait penser à Serge Soudoplatoff (Les Ernest) Les vraies ruptures d’Internet (http://www.dailymotion.com/video/xc
    où il évoque le travail collaboratif et non hiérarchisé qui a conduit à Internet.
    Sa video est aussi visible ici, avec d’autres sur le thème d’Internet et société. :
    http://labeille.lesdemocrates.fr/20

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  5. @Evelyne,

    Je n’en avais pas connaissance, elle est très intéressante.

    C’est exactement cette idée de construction en réseau qu’il faut promouvoir.

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  6. J’adore ;-)

    j’adorais déjà la cathédrale et le bazar dans l’esprit, tenter de l’adapter au monolithisme politique que nous subissons en france depuis bien longtemps, est louable et donc je loue ;-)

    j’achète même…

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  7. Hélas ce texte illustre bien le vide stellaire que represente les mouvements centristes.

    Vous défendez une vision de petit comptable politique. L’idée que la politique ne puisse qu’être la somme des meilleures idée de chacun est ridicule. Cela revient à dire qu’il existe UNE meilleure politique que les autre. C’est une forme d’autoritarisme, vous avez tellement intégré comme normalité la pensé unique: libre echange, marché et concurrence libre et non faussée. Et aujourd’hui vous voulez solder l’idéologie des partis por qu’il ne reste que du chamallow politicien. Qu’il ne puisse plus exister de velléité, ni de d’ideologie radicale, de transformation.

    Chacun de vos propos ‘modernes’ sont des renonciations.
    La bonne nouvelle c’est que nous seront là toujours face a vous pour défendre nos idéaux, nos idéologies transformatices. Nous soufflerons toujours sur les braise de la Revolution pour faire vivre la République et ses combats.
    Pour qu’enfin advienne la Republique Sociale.

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  8. @Tenshu

    Là tu te tapes un tripe anti-centriste tout seul car je ne suis dans aucun parti politique et je ne suis pas centriste.

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  9. @ Tenshu ton « idéologie radicale » a amené goulags et camps de concentration, alors garde là pour toi, mais sache que nous ne permettrons plus jamais cela.

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  10. Dans votre comparaison entre logiciel et parti, il manque le point de comparaison. En quoi construire un logiciel peut être comparable à la construction d’un projet idéologique d’une société, tel qu’un parti en est l’expression dans une démocratie? N’y a t-il pas là deux objets aux implications sociales différentes?

    Votre analyse est peut-être intéressante, mais en l’état, elle est trop incomplète pour être discutée sérieusement. Il faudrait aussi éliminer les poncifs vide de sens comme « les partis politiques sont immobiles et n’évoluent pas ». Un bref regard dans le rétroviseur permet de se rendre compte que le paysage politique français bouge. Peut-être ne reflète t-il pas toute la société française et les réelles contradictions qui la traversent. Là réside sans doute un objet où votre analyse serait plus pertinente. A mon humble avis. Nul sur le réseau n’étant obligé à suivre un chemin en particulier ;) Bonne continuation.

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  11. @Rewind,

    Merci pour votre réaction pleine de bon sens.

    L’action politique n’est pas seulement la constitution d’un projet idéologique bien que cela devrait occuper une bonne partie de notre temps. Je pense aussi à l’organisation de l’action politique, c’est à dire, les prises de positions dans l’actualité.

    Il est évident que ce texte n’est qu’une transposition floue qui part du principe que la production de logiciel ouvert et la production politique sont de même nature. Évidemment, de nombreuses caractéristiques les distinguent.

    Mon article a aussi une optique militante, foutre un coup de pieds dans la fourmilière afin que les partis politiques français se bougent.

    Évidemment, je vais creuser la réflexion, et si cette dernière vous intéresse je vous invite à lire « La fabrique d’idées ».

    http://repdem.free.fr/mw1/index.php

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  12. Voir également l’article « les entreprises sont elles plus démocratiques que l’Etat » pour comparer les 2 modes de fonctionnement ouvert et propriétaire:

    http://fr.readwriteweb.com/2009/11/

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  13. Merci Alban pour la référence, je vais lire ça.

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